Photos d’identité

Les mairies débranchées !

Publié le : 13/02/2011 

Les demandes de passeport biométrique ne peuvent être déposées que dans les mairies dotées de l’équipement ad hoc. Il comprend notamment un appareil qui permet de prendre sur place les photos d’identité du demandeur. C’était compter sans le lobbying exercé par les professionnels de la photo. À la faveur du vote de la Loppsi 2 (loi sur la sécurité intérieure), il vient d’obtenir la suppression de ce service.

 

Voilà une opération de lobbying rondement menée ! À la mise en place du passeport biométrique, en juillet 2009, les quelque 2 000 mairies habilitées pour traiter les demandes ont été équipées d’un appareil photo. De fait, les administrés n’étaient plus obligés de venir avec leurs photos d’identité puisqu’elles pouvaient être prises sur place, moyennant un supplément de quelques euros sur le prix du passeport (un timbre fiscal de 89 euros au lieu de 86).

Fureur des photographes, qu’ils soient de quartier ou industriels (Photomaton, par exemple). Regroupés sous la bannière de l’Api (Association pour la promotion de l’image), ils ont immédiatement dénoncé cette « concurrence déloyale sans justification économique » qui pourrait entraîner la destruction de milliers d’emplois. L’association estime en outre que prendre un cliché est « un vrai métier qui ne s’improvise pas », d’autant que les photos d’identité doivent respecter de stricts critères (front dégagé, pas de lunettes…) sous peine d’être refusées par les agents chargés de l’impression des titres.

Bataille dans les couloirs du ministère de l’Intérieur et du Parlement

Forte de ces arguments, l’Api a fait le siège des mairies pour leur demander de ne plus prendre de photos. Action efficace : selon l’association, près de la moitié d’entre elles, sensibles au discours des photographes, ont progressivement accepté de débrancher l’appareil.

Mais la bataille s’est menée en parallèle dans les couloirs du ministère de l’Intérieur et du Parlement. Résultat, à la faveur de l’article 16 de la Loppsi 2, loi relative à la sécurité intérieure qui vient d’être définitivement adoptée, l’organisation professionnelle indique qu’« un décret va fixer une date de retrait définitif et général des appareils photo encore installés dans les mairies qui réalisent les nouveaux passeports ».

À l’issue d’une période transitoire qui reste à déterminer, ce sera donc un peu moins de souplesse pour l’usager : prière de ne pas oublier ses photos sous peine de devoir revenir et… refaire la queue !

Arnaud de Blauwe

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