par Audrey Vaugrente, Gabrielle Théry
par Audrey Vaugrente, Gabrielle Théry
Depuis la parution du premier numéro de Que Choisir, les protections menstruelles ont été testées à plusieurs reprises. En 53 ans, le constat est sans appel : nos journalistes se posent toujours les mêmes questions !
Les années passent, les maquettes de Que Choisir changent… mais les questions restent les mêmes. Depuis notre premier test de protections périodiques, en 1973, le marché a beaucoup évolué. Alors cantonné aux seuls tampons et serviettes jetables, il propose aujourd’hui bien plus d’options, notamment réutilisables. Et pourtant, en 2026, nous constatons toujours les mêmes écueils.

En 1973, nous testions des tampons et serviettes jetables, en nous interrogeant sur leur capacité d’absorption et sur le risque d’infections. À l’époque, les fabricants ne s’étaient pas encore accordés pour faire correspondre les gouttes du paquet à une performance précise. Sans surprise, donc, les résultats de nos tests étaient très variables, et 20 % des lectrices interrogées se plaignaient d’une absorption insuffisante.
Déjà, les utilisatrices étaient alertées sur le risque d’un « intense développement microbien, source d’infection » lié au port prolongé d’un tampon. Mais le retrait était présenté comme suffisant pour résoudre le problème.

Nouveau test en 1992, près de 20 ans plus tard. Cette fois, nous mettions l’accent sur la pagaille des appellations entre les protections, empêchant les consommatrices de faire un choix éclairé. Ainsi, un tampon « mini » absorbait autant qu’un « super », et des tampons sans applicateur absorbaient plus que ceux en disposant, alors qu’ils affichaient la même appellation.
Le syndrome du choc toxique (SCT), infection rare mais grave liée aux protections internes, porte désormais un nom. Les fabricants se montrent plus prudents, mais certains préconisent encore un port pouvant aller jusqu’à 12 heures ! Du côté des serviettes, les capacités d’absorption étaient encore très variables, certains modèles « ultra minces » absorbant plus que des « maxi nuit »… censées être très absorbantes !

En 2016, les choses s’améliorent un peu. On constate encore des tampons qui « absorbent un peu trop par rapport à leur catégorie », et une grande variabilité au rayon des serviettes. Signe que les temps changent : nous testons une première serviette lavable – peu satisfaisante – et la coupe menstruelle apparaît dans nos pages. Testée auprès d’un panel, elle obtient un bon score de satisfaction.
L’article témoigne surtout d’un important changement sociétal : les consommatrices montent au front pour exiger plus de transparence – qui n’est obtenue que fin 2023 – et le taux de TVA appliqué à ces produits baisse enfin pour rejoindre celui des denrées essentielles. Jusqu’alors, les protections étaient taxées comme des produits de luxe !

En 2022, nous avons choisi de tester plusieurs culottes menstruelles. Avec des résultats mitigés : la plupart n’ont pas une absorption suffisante par rapport à leur revendication bien optimiste en cas de flux abondant. Et celle-ci diminue à mesure que les sous-vêtements sont lavés. Plutôt décevant, quand ces produits sont justement destinés à être portés toute la journée. Depuis, la capacité absorbante s’est améliorée. C’est un bon point. Mais les fabricants peinent toujours à élaborer un produit dont les performances tiennent dans la durée.
Audrey Vaugrente
Gabrielle Théry
Rédactrice technique
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