Tarifs bancaires

Le flop français

Publié le : 24/09/2009 

Un rapport de la Commission européenne sur les services financiers de détail dans les 27 pays de l'Union se révèle bien peu flatteur pour les établissements français : opacité des tarifs, frais bancaires parmi les plus chers d'Europe... Bref, comme le dénonce régulièrement l'UFC-Que Choisir, les banques vont devoir sérieusement modifier leurs pratiques pour respecter leur obligation d'information.

 

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Tarifications opaques, fiabilité des conseils financiers mise en cause en raison de conflits d'intérêts, coût élevé des services bancaires... La Commission européenne ne mâche pas ses mots pour dénoncer les pratiques tarifaires des banques européennes. La commissaire chargée des consommateurs, Meglena Kuneva, parle même de « principes de base bafoués en raison de problèmes de tarifications complexes, de redevances cachées et d'informations peu claires et incomplètes ».

La France, l'Autriche, l'Italie et l'Espagne figurent bonnes dernières de la liste, qu'il s'agisse de transparence ou de coût des comptes bancaires. Par exemple, la gestion d'un compte courant en France revient en moyenne à 154 euros, contre 58 en Belgique et 27 en Bulgarie. La Fédération bancaire française (FBF) a réagi vivement en expliquant que « l'enquête ne prend en compte ni le niveau de service rendu, ni les attentes des consommateurs par pays [...], les Français étant grands utilisateurs de services bancaires, ce qui a amené les banques à développer des services multiples, adaptés aux besoins de chacun ».

Des arguments que notre dernière enquête (publiée sur Que Choisir en ligne dès le 3 octobre) ne tend pas à confirmer. Les nombreux témoignages que nous avons recueillis font plutôt état de packages coûteux placés d'office, de comparaisons impossibles entre banques, d'écarts de prix de 1 à 10 pour un même service, d'apparition de services payants auparavant gratuits (conservation de chéquiers facturée, frais de succession de plusieurs centaines d'euros, frais de « gestion », « commission de forçage » en cas de découvert, centre d'appel payant...), etc. Les associations de consommateurs et la Commission européenne ne sont apparemment pas les seules à dresser ce constat, puisqu'un communiqué du médiateur de la République publié le lendemain du rapport de la Commission ne dit pas autre chose : « Les pratiques tarifaires des banques restent bien opaques. Établir un glossaire exhaustif obligatoire des frais bancaires est donc une première étape pour faciliter la compréhension du client. » La Commission européenne s'est engagée à suivre de près la façon dont les États prendront en compte les conclusions de son rapport.

Élisa Oudin