par Audrey Vaugrente
par Audrey Vaugrente
Les nouveaux traitements de l’obésité permettent de perdre du poids rapidement. Mais chez les personnes qui les arrêtent, les kilos sont repris plus vite encore.
Leur efficacité ne dure pas. Après l’arrêt des traitements de l’obésité (sémaglutide/Wegovy, tirzépatide/Mounjaro, liraglutide/Saxenda), le poids repart rapidement à la hausse, montre une récente étude parue dans la revue médicale britannique The BMJ (1). Or, parmi les personnes qui les démarrent, une sur deux les interrompt dans l’année, notamment en raison d’effets indésirables trop lourds. La décision mérite donc d’être mûrement réfléchie.
Ces médicaments injectables, aussi appelés agonistes du GLP-1, sont d’une efficacité indéniable : ils permettent en moyenne de perdre 15 kg. Mais plusieurs études avaient déjà montré que cet effet ne se maintient que pendant la durée du traitement. À son arrêt, les personnes ont tendance à reprendre du poids, et ce de manière particulièrement rapide : environ un demi-kilo par mois. Dans l’année qui suit l’arrêt du traitement, les patients reprennent en moyenne deux tiers de leur poids – et la totalité en 1 an et demi. C’est 4 fois plus rapide qu’après un amincissement obtenu par des modifications des habitudes de vie (alimentation, activité physique), montre ce travail : il faut alors 4 ans pour revenir au poids initial.
L’impact de ces médicaments sur la pression artérielle, le taux de cholestérol et l’hémoglobine glyquée disparaît lui aussi après l’arrêt. « L’obésité étant une maladie chronique et récidivante, un traitement prolongé peut être nécessaire pour en maintenir les bénéfices sur la santé », commentent les auteurs à la lumière de ces résultats. C’est tout l’enjeu autour de la prise en charge des agonistes du GLP-1, dont le prix est particulièrement élevé. En France, ils ne sont pas encore remboursés. Les patients doivent donc débourser de 250 € à 500 € par mois pour en bénéficier.
→ Lire aussi : Obésité - Une maladie au traitement complexe
Le coût d’une prise en charge au long cours par la collectivité fait lui aussi débat : jusqu’à 2 millions de personnes pourraient bénéficier de ces médicaments. Mais les laboratoires n’ont pas solidement démontré d’impact sur la prévention des maladies associées à l’obésité. En France, les négociations sur le prix entre les fabricants et le Comité économique des produits de santé (CEPS) sont encore en cours. Au Royaume-Uni, cette reprise de poids rapide pourrait être un frein au remboursement, les molécules n’offrant pas un assez bon rapport coût/efficacité, illustrent les auteurs de ces travaux.
Le ministère de la Santé a présenté, ce 14 janvier, sa feuille de route sur la prise en charge des personnes en situation d’obésité jusqu’en 2030. Diverses mesures y figurent, du repérage précoce chez les enfants à une meilleure connaissance épidémiologique, en passant par une refonte de la formation des diététiciens et une sensibilisation des médecins. Quelques annonces concrètes complètent ce plan d’ensemble. Parmi elles, la mise en place d’un parcours coordonné renforcé (PCR) obésité, prévu courant 2026. Fruit d’une expérimentation financée par l’assurance maladie, il devrait inclure une prise en charge élargie (diététique, psychologie, activité physique adaptée) dans le cadre d’un programme de soins et d’éducation thérapeutique. Si l’expérimentation s’adressait à des adultes souffrant d’obésité complexe, le cadre devrait encore être précisé.
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(1) West et al., BMJ, 07/01/2026.
Audrey Vaugrente
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