BILLET DE LA PRÉSIDENTE

Piratage du FicobaQuand nos données personnelles alimentent la fraude

Marie-Amandine Stévenin

par Marie-Amandine Stévenin

Le piratage du Ficoba - le fichier national des comptes bancaires géré par les Finances publiques - rappelle très concrètement à quel point les fuites de données sont devenues un risque majeur. Ce fichier recense les comptes bancaires ouverts en France et, selon les informations disponibles, il a pu être consulté et copié pendant plusieurs semaines.

Les données en cause ne sont pas anodines : identité, adresse, date de naissance, établissement bancaire, coordonnées bancaires (RIB/IBAN) et, dans certains cas, identifiant fiscal. L’attaque aurait été rendue possible par l’usurpation des identifiants d’un fonctionnaire, avec un accès d’environ un mois. Près de 1,2 million de comptes seraient concernés et les personnes touchées doivent être informées individuellement. C’est indispensable, mais cela ne suffit pas : l’enjeu est aussi d’empêcher qu’un fichier aussi sensible reste accessible aussi longtemps avec des identifiants dérobés.

Je refuse que l’on minimise cette fuite au motif qu’elle ne permettrait pas, à elle seule, d’effectuer un paiement par carte. Ce qui circule, ce sont des données personnelles qui facilitent l’usurpation d’identité et des fraudes crédibles, comme la souscription d’abonnements ou des tentatives de prélèvements via de faux créanciers.

Or, lorsque la fraude bancaire survient, trop de consommateurs se heurtent encore à une réponse automatique de leur banque, qui invoque la négligence grave du client. Dans un contexte où les fuites de données se multiplient, faire peser la suspicion sur la victime est injuste et déconnecté de la réalité des fraudes. Les consommateurs ont besoin d’une protection efficace, de dispositifs anti-fraude robustes et d’un traitement rapide et loyal des contestations lorsqu’une opération n’a pas été autorisée.

Pour les consommateurs concernés par cette fuite, il faut être particulièrement attentif dans les prochaines semaines. Surveillez vos comptes, surtout vos prélèvements, et vérifiez toute opération inconnue. En cas de prélèvement ou de démarche suspecte, contactez immédiatement votre banque et contestez sans attendre. Enfin, ne communiquez jamais vos identifiants, mots de passe ou codes, même à quelqu’un qui se présente comme votre conseiller. En cas d’appel ou de message alarmant et urgent, raccrochez et rappelez votre banque via les canaux habituels.

Marie-Amandine Stévenin

Marie-Amandine Stévenin

Présidente de l'UFC-Que Choisir

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