BRÈVE

Prix du carburantComment s’explique la nouvelle flambée des prix à la pompe ?

Grégory Caret

par Grégory Caret

Avec le début de la guerre en Iran, les prix à la pompe connaissent une brusque flambée digne de celles observées lors des premiers mois de la guerre en Ukraine. Lundi 9 mars, le prix moyen à la pompe culminait à plus de 2 € le litre pour le gazole, en hausse de 30 centimes en quelques jours… L’envolée du cours du pétrole est-elle la seule explication à ces hausses ? Pas si simple. Explications.

Les cours pétroliers s’envolent

Les cours du brut sont fixés par le marché en fonction des variations de l’offre et de la demande. En outre, les cours mondiaux peuvent occasionnellement fluctuer sous le coup de crises ponctuelles. Après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022, le baril passe de 80 $ à plus de 120 $ en juin de la même année.

Depuis le 28 février 2026 et le début de la guerre en Iran, les cours pétroliers viennent de connaître une nouvelle poussée de fièvre, passant de 70 $ le baril à 105 $ le 9 mars, et devraient encore augmenter. Comme le pétrole se règle en dollars, le taux de change euro/dollar joue également. Or, depuis le début des hostilités, le dollar s’est très légèrement apprécié par rapport à l’euro, renchérissant d’autant le coût du pétrole brut. Conséquence directe à la pompe : une hausse de 12 centimes par litre de carburant en quelques jours.

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Raffineurs, transporteurs et distributeurs profitent de l’opportunité pour gonfler leurs marges

Avant de gagner votre réservoir, les produits pétroliers sont raffinés en divers produits finis (essence, gazole, fioul, kérosène, etc.). Or, en France, la demande en gazole reste supérieure à celle de l’essence ; les raffineurs nationaux exportent donc de l’essence et doivent importer du gazole à un coût élevé. Ces produits raffinés finis sont alors l’objet de cotations sur le marché de Rotterdam. La marge de raffinage correspond au coût du raffinage et d’achat des produits raffinés. Les marges d’acheminement, couvrant les coûts de transport, de stockage et de distribution viennent ensuite s’ajouter.

Jusqu’en 2021, les niveaux de marges avoisinaient les 20 centimes par litre de carburant. À la faveur de l’envolée des cours pétroliers, les marges ont pratiquement doublé pour ne jamais retrouver leurs niveaux antérieurs. Ces marges ont atteint 38 centimes par litre de carburant en 2025.

Ce chiffre reste stable pour l’E10 depuis le début de la guerre en Iran mais explose pour le gazole avec un surcoût à la pompe de près de 20 centimes par litre par rapport à la situation d’avant-crise.

Taxes en hausse

Dernière étape, et non des moindres, la fiscalité appliquée sur les produits pétroliers. Cette fiscalité se calcule de deux façons : une accise sur les produits pétroliers (montant fixe) et une TVA, taxe proportionnelle à la valeur du produit et qui augmente donc avec l’envolée du brut et des marges. Depuis le lancement des hostilités, la hausse des recettes de TVA se traduit par un surcoût à la pompe de 3 centimes par litre d’E10 et de 6 centimes par litre de gazole.

Grégory Caret

Grégory Caret

Observatoire de la consommation

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