par Anne-Claire Poirier
Chauffage et eau chaudeTour d’horizon des différents équipements
Le chauffage représente environ les deux tiers de la consommation d’énergie d’un ménage. À cela s’ajoute l’eau chaude, à hauteur de 10 %. Nos choix d’équipements ont donc des conséquences cruciales sur nos dépenses en matière d’énergie. Aujourd’hui, environ la moitié des Français se chauffe au gaz ou au fioul, des énergies fossiles dont le temps est compté. Le point sur les solutions existantes.
Le chauffage central
Le chauffage central permet de chauffer un bâtiment grâce à un seul générateur de chaleur et à des émetteurs (radiateurs, planchers chauffants) installés dans chacune des pièces.
- Dans une maison, la chaleur diffusée de façon homogène procure un bon confort de chauffe et permet d’avoir la main sur l’ensemble du système de chauffage. Ce contrôle facilite la maîtrise de la consommation.
- Dans un immeuble, cela permet notamment de mutualiser certaines dépenses. Mais il y a moins de souplesse : les dates d’allumage/extinction de la chaudière sont déterminées longtemps à l’avance (15 octobre-15 avril, le plus souvent).
Au cœur du système de chauffage central, la chaudière peut fonctionner à l’électricité, au gaz, au fioul ou au bois. Pour des raisons écologiques, l’Union européenne (UE) vise la disparition totale (à la vente et à l’utilisation) des chaudières utilisant les énergies fossiles d’ici à 2040 et encourage dès aujourd’hui à s’en passer. À savoir : les chaudières électriques, très énergivores, sont déconseillées pour le chauffage central.
Les pompes à chaleur prélèvent les calories présentes dans l’air extérieur, le sol ou l’eau pour les restituer ensuite à l’intérieur du logement. Les modèles varient selon les modes de prélèvement/restitution de la chaleur : air/air, air/eau, sol/sol, sol/eau, etc. À noter : certains équipements, réversibles, assurent le rafraîchissement du logement en été.
Le solaire peut aussi faire partie d’un chauffage central. Un système solaire combiné (SSC) produit à la fois de l’eau chaude et du chauffage grâce à des panneaux solaires thermiques installés le plus souvent sur le toit (ou sur un sol bien exposé). La chaleur est captée par des fluides, puis transmise dans le réseau de chauffage central ou au chauffe-eau. Certes écologique, le chauffage solaire suffit rarement à couvrir tous les besoins et doit alors être combiné avec d’autres solutions.
Les réseaux de chauffage urbain permettent de distribuer à de nombreux clients de l’eau chaude (destinée aux radiateurs, planchers chauffants…) produite par une ou plusieurs chaufferies via des canalisations souterraines de plusieurs kilomètres. En théorie, toutes les habitations situées sur son tracé peuvent s’y raccorder. En pratique, cette option est surtout réservée aux grands consommateurs, dont les copropriétés.
Le chauffage décentralisé
Dans un système dit décentralisé, la chaleur est produite et émise par un même appareil, installé dans la pièce. Moins coûteux à l’achat, ce mode de chauffage ne l’est pas toujours à l’usage.
Le chauffage électrique est le système décentralisé le plus répandu en France. Son installation est peu onéreuse, et son entretien peu contraignant. Les dernières générations d’appareils procurent un bon confort et sont plus économes en énergie que les précédentes. Mais chauffer à l’électricité est assez onéreux et se révèle intéressant principalement dans un logement petit et bien isolé.
Les appareils de chauffage au bois sont simples à utiliser, économiques à l’usage et basés sur une énergie renouvelable. Alimentés par des bûches, plaquettes ou granulés, ils viennent souvent en appoint d’un autre équipement. Si les cheminées ouvertes s’avèrent peu efficaces et très polluantes, les poêles et les inserts ont des rendements intéressants.

L’eau chaude sanitaire
En général, les systèmes de chauffage central peuvent également assurer la production d’eau chaude sanitaire. Sinon, vous pouvez opter pour une chaudière dédiée ou un chauffe-eau.
La chaudière chauffe l’eau à la demande, sans réservoir. C’est une solution compacte, parfaite pour les petits foyers. Inconvénient : l’eau froide peut parfois s’écouler un certain temps avant de devenir chaude, ce qui génère du gaspillage et un peu d’inconfort.
Un chauffe-eau maintient l’eau à température dans le ballon de stockage. L’installation est plus encombrante, mais l’eau chaude est disponible immédiatement.
- Le chauffe-eau peut être réglé pour fonctionner à certaines heures seulement, lorsque l’énergie est la moins chère notamment. Mais attention aux douches froides si vous utilisez trop d’eau entre deux périodes de chauffe !
- La taille du ballon doit être déterminée avec soin : le surdimensionner (ce serait le cas de 30 % des ballons) génère une surconsommation énergétique et donc une surfacturation.
Le chauffe-eau électrique est le plus répandu. Son coût est effectivement abordable, mais sa consommation énergétique importante.
Le chauffe-eau thermodynamique (CET) est une pompe à chaleur dédiée à la production d’eau chaude sanitaire. Plus coûteux à l’achat, il est beaucoup moins gourmand en énergie et donc plus économique et plus écologique qu’un chauffe-eau classique.
Le chauffe-eau solaire (CESI) se compose de capteurs solaires et d’un ballon de stockage (à l’intérieur de la maison). Il peut couvrir 50 à 70 % des besoins d’une famille et nécessite donc un équipement d’appoint (chaudière, épingle électrique...).
Bon à savoir L’étiquette énergie est obligatoire sur les systèmes de chauffage et d’eau chaude sanitaire, hors chaudières à bois et convecteurs électriques. Elle varie de A++ (pour les matériels économes en énergie) à G (pour les modèles les plus énergivores). Si les équipements A++ peuvent avoir un prix d’achat dissuasif, leur faible consommation permet d’économiser sur l’énergie.

Anne-Claire Poirier