Comment lutter contre l’humidité

En cas de condensation

Le plus radical pour ne pas avoir de condensation, c’est d’éviter la vapeur d’eau excédentaire. Pas toujours simple, surtout pour une famille nombreuse. On peut néanmoins diminuer les quantités émises :

– en réduisant la durée de la douche, et sa température si on la prend très chaude ;

– en couvrant les casseroles, en mettant systématiquement la hotte de cuisine en route pour qu’elle aspire les vapeurs ;

– en faisant sécher le linge à l’extérieur ou dans une pièce bien ventilée ;

– en ouvrant les fenêtres de la cuisine et de la salle de bains après chaque utilisation.

Ces gestes sont utiles, mais pour ­éliminer l’humidité de condensation, le logement doit être correctement chauffé et ventilé.

La ventilation. La VMC est une solution très efficace, surtout si elle est hygroréglable, c’est-à-dire si elle adapte le débit d’air entrant au taux d’humidité ambiant. Problème, elle n’équipe que des logements construits depuis les années 1980. Ailleurs, le renforcement de l’isolation et le remplacement des fenêtres par du double vitrage ont supprimé les courants d’air, réduit les déperditions d’air chaud et les besoins de chauffage. Parfois avec de fâcheuses conséquences quand on a éliminé la ventilation naturelle sans installer de VMC. Quand le renouvellement d’air ne s’effectue plus, l’habitat devient propice aux problèmes d’humidité. En l’absence de VMC, il faut maintenir ou rétablir les grilles d’aération en partie basse pour l’entrée d’air et en partie haute pour la sortie d’air dans les pièces humides, cuisine et salle de bains.

Le chauffage. Inutile de surchauffer, la température réglementaire de 19 °C convient. Mais il faut chauffer sans période d’interruption car l’air froid sature plus rapidement que l’air chaud.

Les zones froides. Quand c’est ­possible, isoler une paroi froide permet de supprimer l’humidité de condensation, remplacer les fenêtres à simple vitrage par du double vitrage aussi.

En cas d’infiltrations d’eau

– La ventilation et le chauffage ne ­suffisent pas à régler le problème des infiltrations d’eau, même s’ils peuvent en atténuer les effets les plus visibles. Il faut supprimer l’origine de la fuite ou de l’infiltration.

– Se contenter de poser un isolant sur un mur humide pour faire barrage à l’humidité n’est jamais une solution durable. Il ne va pas jouer son rôle longtemps et le mur continue à se ­dégrader.

– S’il s’agit d’infiltration d’eau de pluie, il faut vérifier les chéneaux, les joints des maçonneries, l’état de la façade. Elle peut être protégée par un traitement hydrofuge.

En cas de remontées capillaires

– Les travaux sont indispensables. Il s’agit d’éviter le contact des fondations avec l’eau ou d’empêcher celle-ci de ­remonter. Il existe différents procédés : les drains qui évacuent l’eau du sol pour limiter le contact avec le bâti, l’insertion d’une plaque ou l’injection de produits hydrofuges qui créent une barrière étanche à l’eau, les dispositifs électrochimiques qui limitent la remontée d’humidité. Les performances sont variables, elles dépendent de la construction et des matériaux.

– Dans l’ancien, dégager la base des murs peut parfois suffire. Il arrive en effet que des apports successifs de terre aient remonté le niveau du sol et l’aient mis en contact avec la partie poreuse des murs alors que la base ne l’est pas.

Gare aux solutions pires que le mal

Il faut à tout prix renoncer aux cache-misère qui masquent l’humidité sans en supprimer la cause. Le pire pour l’état du logement.

À éviter :

• la pose de lambris sur un mur moisi, même si c’est esthétique. Ménager un passage pour l’air en haut et en bas ne résout rien ;

• le remplacement du papier peint abîmé par un modèle imperméable. Il va ­piéger l’eau dans le mur ;

• le revêtement étanche sur un mur extérieur altéré par les remontées capillaires.

Aissam Haddad

Rédacteur technique