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Comment se chaufferTout ce qu'il faut savoir sur le chauffage au bois

AP

par Anne-Claire Poirier

Comment ne pas céder au charme incomparable d’un bon feu qui crépite ? En plus d’utiliser une énergie renouvelable et locale, le chauffage au bois, s’il est bien géré, est également économique à l’usage. Mais attention, tous les équipements ne se valent pas. Voici ce qu’il faut savoir pour faire les bons choix.

Pourquoi c’est séduisant

  • Le bois offre une expérience sensorielle unique. Avoir une flamme qui rougeoie dans le salon réchauffe l’ambiance avant même d’élever la température ! 
  • Autre atout, c’est historiquement l’énergie la plus abordable de toutes. Et la production des diverses formes de combustible (bûches, granulés…) reste essentiellement nationale, indépendante des marchés mondiaux.
  • Le bois est, pour l’instant, une énergie locale et renouvelable.
  • Le rendement énergétique des appareils a considérablement progressé ces dernières années – selon l’Ademe, de 25 à 30 % en trente ans pour les inserts et les poêles.

Bon à savoir Une forêt abondante… mais fragile. C’est une évidence : le bois est une énergie renouvelable à condition que la ressource se renouvelle suffisamment. En France, la forêt a crû de presque 50 % en trente ans. Le bois-énergie constitue environ la moitié des prélèvements, essentiellement issus des travaux d’entretien sylvicoles (coupes des petits arbres). Si le chauffage au bois ne menace donc pas la forêt pour l’instant, il faut surveiller une tendance inquiétante à long terme : la fragilisation de celle-ci par les effets du changement climatique (sécheresse, feux, maladies). 

Les points de vigilance

  • La combustion du bois par les particuliers génère une authentique pollution de l’air, en émettant notamment des particules fines très nocives pour la santé. Ainsi, selon l’Ademe, le chauffage au bois domestique est responsable de 41 % des émissions de ces particules ! Remplacer les vieux appareils (25 % de l’équipement des ménages) et adopter de bonnes pratiques est indispensable pour réduire cette pollution. Toujours selon l’Ademe, pour la même chaleur dégagée, un appareil performant bien utilisé émet jusqu’à 15 fois moins de particules qu’un vieil appareil (de plus de 20 ans). 
  • Avant d’opter pour ce mode de chauffage, assurez-vous qu’il est bien compatible avec votre logement : vérifiez que des conduits d’évacuation des fumées sont disponibles ou qu’il est possible d’en faire installer. 
  • Le chauffage au bois requiert de l’espace : les appareils sont volumineux et lourds ; l’intense chaleur émise impose un périmètre de sécurité (et de confort) ; le combustible, également volumineux, nécessite un lieu de stockage sec et ventilé.
  • Choisissez bien votre appareil : surdimensionné, il risque de trop chauffer et donc de consommer plus que nécessaire ; utilisé en sous-régime ou éteint trop souvent, il génère davantage de polluants et de résidus, ce qui accélère sa corrosion. Pour les éventuels grands froids, préférez un chauffage d’appoint. 
  • Ce mode de chauffage est exigeant : utiliser du bois humide, mal gérer l’arrivée d’air ou laisser son appareil s’encrasser est l’assurance de dégrader ses performances (voire de l’abîmer) et de perdre en confort.
  • En plus de l’entretien quotidien à assurer vous-même, il est obligatoire de faire réaliser chaque année le contrôle et le ramonage de votre appareil par un professionnel qualifié.

Les astuces pour polluer moins

  • Le combustible doit être sec : pas plus de 20 % d’humidité (au-delà de 25 %, les émissions de polluants explosent, et le rendement chute). Si les bûches sont lourdes, moussues ou parsemées de champignons, avec une écorce qui reste accrochée, passez votre chemin. Un bois prêt à l’emploi est léger et fendillé, et émet un bruit sec si on le cogne.
  • Allumer le feu par le haut permet de diviser les émissions de cette phase très polluante par deux. Empilez les bûches en commençant par les plus grosses et en laissant de l’air entre chacune, puis surmontez de petit bois. Retirer l’écorce permet également de moins polluer.
  • Rechargez dès qu’il n’y a plus de flammes, sur des braises vives, rapidement pour ne pas refroidir la chambre de combustion. Les flammes doivent être orangées et régulières.
  • Le tirage est déterminant. Le conduit d’évacuation doit donc être en bon état : faites-le contrôler et entretenir tous les ans et procédez au ramonage deux fois par an, dont une en période de chauffe. Négliger l’entretien régulier de votre appareil par un professionnel peut diminuer de façon importante ses performances, même s’il est récent !

Les cheminées ouvertes, c’est fini !

  • Oubliez les cheminées traditionnelles à foyer ouvert : la combustion est très incomplète (85 à 90 % de l’énergie fournie par le bois est perdue) et génère de grandes quantités de polluants. 
  • Il est possible de transformer un foyer ouvert en foyer fermé en y encastrant un insert. Il faut dans ce cas introduire un tuyau d’évacuation des fumées dans le conduit existant. La plupart des foyers fermés utilisent des bûches, mais certains modèles peuvent brûler des granulés. Comptez entre 1 500 et 6 000 € (hors main-d’œuvre).

Le poêle à bûches : plutôt en appoint

  • L’utilisation du poêle à bûches est similaire à celle de la cheminée à foyer fermé.
  • À l’exception du modèle à accumulation, il peut difficilement chauffer tout un logement. 
  • Son rendement ne dépasse pas 75 %, son autonomie est de quelques heures seulement, et son inertie thermique limitée. De plus, il est très polluant quand il fonctionne au ralenti. 
  • Comptez entre 1 000 et 5 000 € (hors main-d’œuvre). 

Le poêle à granulés : un confort d’utilisation inégalable

  • Le poêle à granulés est très simple d’utilisation : il n’y a qu’à remplir le bac à granulés. Ensuite, le démarrage et l’alimentation du feu se font automatiquement. 
  • Son autonomie est d’environ 24 h à pleine puissance pour un bac de 15 kg. 
  • Il a un excellent rendement : généralement plus de 90 % et jusqu’à 98 %. 
  • Si les granulés sont plus chers que les bûches, leur pouvoir calorifique est plus élevé d’environ 25 %, ce qui est avantageux à l’usage (voir aussi « Quel bois choisir ? »). 
  • Critère de choix important : la capacité du bac, sachant que 35 kg assureront beaucoup plus d’autonomie que 15 kg. Regardez aussi le système de programmation (un des atouts du poêle à granulés), le déclenchement à distance, les alertes (bac vide, porte ouverte…).

Il existe différents types de poêles à granulés :

  • en convection naturelle, la chaleur est diffusée dans la pièce par les sorties d’air du poêle ;
  • en convection forcée, un ventilateur pulse l’air chaud, ce qui assure une meilleure diffusion de la chaleur, même si l’appareil est dans un coin,  mais la ventilation crée du bruit ;
  • les poêles canalisables permettent de chauffer plusieurs pièces : ils sont reliés à des tuyaux dans lesquels l’air est pulsé jusqu’aux espaces les plus éloignés ;
  • un poêle dit « étanche » (norme BBC) évite quant à lui tout risque d’émission de polluants ou de fumées à l’intérieur (la prise d’air est à l’extérieur) et améliore encore le rendement.

L’offre étant très large et la gamme de prix comprise entre 2 000 et 6 500 € environ (hors pose), n’hésitez pas à consulter nos tests comparatifs. Attention, un poêle à granulés nécessite une alimentation électrique. 

Comparatif

Poêles à granulés

Voir le comparatif

Le poêle à bûches à accumulation : un parti pris

  • Aussi appelé « poêle de masse » ou « poêle à restitution lente de chaleur », il marche à plein régime puis diffuse lentement la chaleur accumulée grâce à ses matériaux (faïence, roche volcanique ou brique réfractaire). Il n’a donc besoin de fonctionner qu’une à trois heures avant de rayonner durant douze à vingt-quatre heures. Pour cette raison, sa régulation peut être difficile : il faut bien anticiper la température des prochaines heures. 
  • Son rendement est très élevé, et il est peu polluant.
  • Il est plus volumineux et coûteux que les autres poêles : 5 000 à 16 000 € (hors main-d’œuvre), et son poids nécessite un plancher solide. 
  • C’est un choix qui se fait à la construction ou en réhabilitation importante, car, pour une bonne diffusion de la chaleur, il doit être placé au centre du logement et à proximité de la cage d’escalier si l’on veut chauffer l’étage. 

Les chaudières pour le chauffage central et l’eau chaude

  • Oubliez l’esthétique du coin du feu. En effet, la chaudière à bois est un appareil volumineux (et laid) qui s’installe à proximité directe de son stock de combustibles. 
  • C’est une option intéressante si vous disposez d’ores et déjà d’un système de distribution et des émetteurs d’un chauffage central existant. Son rendement se situe autour de 90 %.
  • La chaudière à bûches est à chargement manuel. Un inconvénient majeur qui peut être limité grâce à l’hydroaccumulation (l’eau chaude excédentaire est stockée dans un grand ballon et restituée selon les besoins). Comptez entre 6 000 et 16 000 € (hors main-d’œuvre). 
  • La chaudière à granulés (ou à bois broyé) est à chargement automatique. Elle est plus performante, mais aussi plus chère : jusqu’à 20 000 € (hors main-d’œuvre).

Quel bois choisir ?

  • Bûches ou granulés dépendent généralement de votre appareil. Les bûches sont bon marché et accessibles localement. Les granulés sont produits à partir de déchets forestiers (sciure) compressés. Ils sont plus coûteux, mais leur pouvoir calorifique est meilleur.
  • Les bois les plus adaptés sont les feuillus durs (chêne, charme, hêtre, orme, robinier, frêne…).
  • Pour les bûches, les labels « France bois bûche », « NF bois de chauffage », « Office National des Forêts Énergie bois » permettent de choisir le taux d’humidité, entre des bois prêts à l’emploi ou à stocker. Ce taux figure sur la facture, c’est une garantie.
  • Pour les granulés, les briquettes reconstituées et les plaquettes, privilégiez les normes « NF Biocombustibles solides/Granulés », « EN plus » et « DIN plus ».

Un label pour vous guider

Pour choisir votre appareil, fiez-vous au logo « Flamme Verte », le label de qualité des appareils de chauffage au bois. Les modèles certifiés doivent répondre à une charte de qualité toujours plus exigeante en termes de performance énergétique et de réduction des émissions polluantes. D’ailleurs, si vous prévoyez d’acheter un appareil, vous ne pourrez obtenir des aides que si le modèle est porteur du label « Flamme Verte » ou qu’il a des performances équivalentes (l’installation devant être réalisée par un professionnel RGE).

Des aides possibles

L’installation d’un système de chauffage au bois performant est éligible aux aides publiques telles que MaPrimeRénov’ ou les certificats d’économie d’énergie (CEE) délivrés par les fournisseurs. Dans certains territoires très touchés par la pollution aux particules fines, le « Fonds Air Bois » offre une aide supplémentaire pour le remplacement des vieux appareils et des foyers ouverts (mais plusieurs régions ont clôturé le dispositif fin 2024). Renseignez-vous sur www.france-renov.gouv.fr. Malheureusement, l’État a tendance à réduire les aides sur le chauffage au bois (la TVA, par exemple, a été rehaussée en 2025), non pas parce que ce serait une mauvaise solution, mais parce qu’il craint que nous ne manquions de combustible à l’avenir.

Comparatif

Poêles à granulés

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Anne-Claire Poirier

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