Pouvoir d'achat Réduire ses frais bancaires et ses primes d'assurance

Pouvoir d'achat

Réduire ses frais bancaires et ses primes d'assurance

Cela demande quelques démarches, mais procéder au réexamen de ses frais bancaires et de ses primes d’assurances peut permettre de réduire ses dépenses.

 

Réduire ses frais bancaires

Contraintes par l’actualité, les banques ont annoncé le gel des frais bancaires en 2019. La grille tarifaire 2018 devrait donc être reconduite à l’identique, sans hausse, cette année. Rappelons que le montant moyen annuel des frais bancaires s’élève à 211 € en 2018, soit une progression d’environ 2 % par rapport à 2017. Mais cette « pause tarifaire » se révèle, en pratique, plutôt symbolique (seulement quelques euros, en moyenne, sur l’année). Pour réduire ce poste de dépense, mieux vaut faire jouer la concurrence entre établissements bancaires. Les banques en ligne, notamment, resteront les moins chères en 2019. Généralement, elles ne facturent pas de frais de tenue de compte, de détention d’une carte bancaire ou de retrait au distributeur automatique. Mais ces établissements exigent fréquemment des revenus minimaux (au moins 1 600 € chez Fortuneo, par exemple), et les frais exceptionnels (en cas de perte des moyens de paiement notamment) peuvent vite grimper. Le jeu peut cependant en valoir la chandelle. Le comparateur bancaire de l’UFC-Que Choisir peut vous donner une idée des gains possibles en fonction de votre situation personnelle.

Des incidents qui coûtent cher

Reste que les économies potentiellement les plus élevées concerneront toujours les frais pour incident de paiement facturés par les banques. Ces montants s’ajoutent aux agios perçus lorsqu’un client est dans le rouge et qu’il dépasse son autorisation de découvert. Il s’agit des commissions fixes d’intervention (maximum 8 € par jour et 80 € par mois), des lettres compte débiteur ou compte au-delà du découvert autorisé (jusqu’à 24 € par lettre), des frais de rejet de moyen de paiement… La facture peut atteindre 200 € par mois. Là encore, les banques en ligne se révèlent les moins chères, la plupart ne facturant ni commission d’intervention ni lettre d’information. Pour ceux qui ont la possibilité d’accéder à ces établissements, les gains peuvent être importants. Mais pour les personnes en situation financière fragile, un tel accès est difficile.

La Banque postale ouvre le bal

La situation pourrait peut-être évoluer, début 2019, si l’annonce faite par la Banque postale en entraîne d’autres. Cette dernière vient en effet de s’engager à plafonner l’ensemble des frais d’incidents à 25 € mensuels pour ses 1,6 million de clients identifiés en difficulté. En réalité, cette offre existe déjà, mais elle était pour l’instant accordée dans le cadre de la souscription d’une offre bancaire simplifiée. Désormais, ce plafonnement serait automatiquement appliqué par la Banque postale à tous ses clients « en situation de fragilité financière ». Cette situation est estimée sur la base de plusieurs critères cumulés ou non (ressources, nombre d’incidents de paiement, etc.). Les autres banques ont promis au ministre de l’Économie d’adopter une telle mesure, mais, pour le moment, on attend que les engagements se concrétisent.

Les 4 règles d'or du budget

De nombreuses raisons peuvent entraîner des frais de compte à découvert. Suivre ces quatre règles d’or peut vous permettre d’améliorer l’état du budget familial.

  • Identifiez vos recettes (ce qui est assez simple), mais surtout vos dépenses. Relevés de compte en main, répartissez les dépenses dans chacun des quatre grands postes suivants : dépenses fixes (logement, électricité, abonnements multimédias, transports, impôts, assurances), dépenses variables (vêtements, santé, nourriture, cadeaux), épargne et loisirs (vacances, sorties, etc.).
  • Fixez un taux de répartition pour les différents postes. Un exemple (à affiner en fonction de vos revenus et de vos besoins) : 45 % du budget pour des dépenses fixes ; 30 % pour des dépenses variables ; 15 % pour l’épargne ; 10 % pour les loisirs.
  • Anticipez les gros achats. Il peut s’agir de remplacer un équipement comme d’un budget vacances. Mieux vaut le payer plusieurs mois à l’avance en petite partie qu’affronter une importante dépense en une seule fois.
  • Conservez une marge pour les imprévus. Placez cette épargne sur un livret liquide (livret A ou livret bancaire) dans lequel vous pouvez piocher facilement.

 

Réduire ses primes d'assurances

Avec, en moyenne, 600 € annuels pour une voiture et 200 € pour un logement, les assurances représentent environ 5 % du budget des ménages. Là aussi, il est possible de faire des économies en rationalisant ce poste. Plusieurs enquêtes de Que Choisir ont montré que la fidélité n’est pas payante en matière d’assurances. Pour attirer de nouveaux clients, les compagnies ont en effet tendance à leur proposer des prix plus attractifs. L’économie peut varier de 30 à 50 % par rapport au contrat initial.

Les mutuelles moins chères à terme

Mais attention, certains tarifs très attractifs la première année peuvent masquer d’importants rattrapages les années suivantes. C’est le cas chez Direct Assurance. Cette filiale d’Axa caracole souvent en tête des comparateurs d’assurances en ligne, mais elle se rattrape en augmentant dès la seconde année les primes (jusqu’à 20 à 30 % de hausse par an)… sans compter les nombreuses complications pour résilier le contrat, comme nous l’avons constaté à travers de nombreux témoignages. Dans une moindre mesure, les banques pratiquent aussi ce mécanisme de prix d’appel avec des hausses les années suivantes. Les mutuelles, qui peuvent sembler plus chères de prime abord, affichent souvent des réévaluations plus modérées par la suite, notamment la Maif et la Macif. Notre conseil : se renseigner au maximum sur les pratiques tarifaires des compagnies avant de changer (notamment sur les nombreux forums d’assurés sur Internet). Et, outre les prix, examiner le niveau de couverture fourni (plafonds de garantie, franchises, etc.). En effet, en cas de sinistre, le reste à charge peut être salé ! Attention, de nombreux comparateurs en ligne établissent leur palmarès en ne retenant que le critère du tarif annuel. Les comparateurs assurance habitation et mutuelle de l’UFC-Que Choisir établissent leurs résultats en tenant compte des tarifs, mais aussi du niveau de couverture des contrats (garanties et franchises). C’est d’ailleurs pourquoi nos résultats peuvent se révéler très différents des autres.

Changer d’assurance emprunteur

Peu de particuliers optent, en cours de remboursement de leur prêt immobilier, pour une assurance emprunteur moins chère. Cette dernière est exigée par les banques pour couvrir les risques de décès, d’invalidité ou d’incapacité du souscripteur. Elle représente 30 % du coût du crédit en moyenne. Ces dernières années, plusieurs lois ont ouvert à la concurrence ce marché jusqu’alors monopolisé par les banques. La plus récente est la loi Sapin 2 du 21 février 2017, qui accorde le droit de résilier annuellement le contrat d’assurance emprunteur durant toute la durée de remboursement du crédit immobilier. Une étude réalisée par l’UFC-Que Choisir en juin 2018 auprès de 2 400 consommateurs a révélé que souscrire une assurance emprunteur auprès d’une compagnie concurrente permet d’économiser, en moyenne, 10 500 € sur le coût du crédit. Aujourd’hui, la plupart des emprunteurs (et particulièrement ceux dont le prêt est en début de remboursement) auraient intérêt à résilier leur ancienne assurance après en avoir trouvé une moins chère. Et ce d’autant plus que les banques vérifient toujours que le nouvel assureur offre une couverture proche du contrat initial. Les risques sont donc minimes.

Faire appel à un courtier

Seul bémol : de nombreux établissements bancaires multiplient les freins (lenteur, demande de documents inutiles, etc.) à la substitution d’assurance. C’est pourquoi, en pratique, il est fortement conseillé de se faire aider par un courtier en assurances (Magnolia, Meilleurtaux, LesFurets, Vousfinancer, etc.). Avec l’aide de ce professionnel, le pourcentage de démarches qui aboutissent grimpe significativement.

Achat immobilier à crédit

Renégociez votre prêt

Acheter son logement à l’aide d’un prêt revient, en moyenne, à le payer 30 à 40 % plus cher qu’au comptant (avec des variations selon le taux et la durée du prêt) ! D’où l’intérêt de renégocier le taux d’intérêt de son emprunt immobilier si l’on est en phase de remboursement. 4 %, c’était, en moyenne, le taux pratiqué dans les années 2008-2010. 1,4 %, c’est le taux aujourd’hui pour un emprunt sur 15 ans. Ainsi, emprunter 200 000 € à 4 % sur 15 ans revient à verser 67 000 € d’intérêts à la banque. Avec un taux à 1,4 %, les intérêts passent à 25 000 €, soit une différence de 42 000 € ! Selon Sandrine Allonier, responsable des relations banques du site vousfinancer.com, quelques retardataires n’ont toujours pas renégocié le taux d’intérêt de leur emprunt effectué entre 2005-2010. Ils gagneraient à le faire, à condition de ne pas atteindre les cinq ou six dernières années de remboursement ; dans ce cas, les frais de dossier risquent de dépasser l’économie possible. Aujourd’hui, tous ceux ayant souscrit ou renégocié un crédit courant 2015 ou début 2016 ont aussi intérêt à tenter le rachat de prêt. « Les taux d’intérêt se stabilisaient autour de 2,5 % pour un prêt sur 20 ans. Il est déjà possible aujourd’hui de faire racheter ses prêts et d’économiser environ un point de taux d’intérêt (soit une économie de près de 15 000 € pour un prêt de 200 000 € sur 20 ans souscrit il y a trois ans). » À tenter rapidement, avant une possible remontée des taux d’ici une dizaine de mois… 

Élisa Oudin