Assurance emprunteur L’assurance perte d’emploi

Assurance emprunteur

L’assurance perte d’emploi

Publié le : 17/05/2019 

L’incertitude économique incite à acheter une garantie perte d’emploi, parallèlement à l’assurance emprunteur. Est-ce une bonne idée ? Pas forcément, car son coût est élevé et ses conditions d’application très variables selon les contrats. 10 % seulement des emprunteurs souscrivent cette assurance.

 

À quoi sert-elle ?

Si vous perdez votre emploi et ne pouvez plus faire face à vos échéances, l’assureur paiera à votre place une partie des mensualités. Cette garantie prend en effet la relève (si les conditions sont remplies) pour le remboursement des mensualités pendant un certain temps, après une période de franchise. Chaque assureur définit ses propres conditions de déclenchement de cette garantie et de couverture. Il s’agit donc d’étudier le contrat à la loupe !

 

Que couvre-t-elle ?

La garantie perte d’emploi couvre la perte d’emploi involontaire, ce qui exclut la démission, la rupture conventionnelle et le licenciement pour faute. Mais il ne suffit pas d’avoir un emploi pour pouvoir y prétendre. Encore faut-il bénéficier de l’assurance chômage : les non-salariés, les indépendants et les fonctionnaires en sont donc exclus. En règle générale, elle couvre le licenciement économique appliqué à un salarié en CDI ou à la fin d’un CDD.

 

Quel est le fonctionnement de l’assurance perte d’emploi ?

Le fonctionnement de cette assurance est complexe, et entraîne de multiples contraintes. Au-delà de 50 ans ou 55 ans, il est impossible de la souscrire.

L’indemnisation peut prévoir le paiement de tout ou partie de la mensualité. C’est ce qui engendre de grandes différences de tarifs. Certaines compagnies remboursent l’intégralité de la mensualité, tandis que d’autres remboursent uniquement le différentiel entre l’indemnité chômage (ARE) et la mensualité de remboursement.

Dans toutes les compagnies, la mise en route de la garantie s’effectue après une période de carence : le déclenchement de la garantie ne peut survenir que plusieurs mois après sa souscription, souvent 6 à 12 mois. Celle-ci est suivie d’une période de franchise (délai d’attente entre le sinistre et la prise en charge par l’assureur, atteignant souvent 6 mois). Un plafond de remboursement mensuel est souvent fixé : 1 500 €/mois, par exemple. Par ailleurs, le versement de l’indemnité est limité dans le temps (souvent de 12 à 18 mois). Chez la majorité des assureurs, la durée d’indemnisation est calculée en fonction de l’ancienneté du CDI.

Enfin, la plupart des contrats indiquent qu’au cours du prêt, la garantie ne pourra être activée que 3 fois (3 fois 18 mois, par exemple, le cas échéant).

 

Combien coûte-t-elle ?

Pour une utilisation pas toujours facile à concrétiser pour l’emprunteur, cette garantie a un coût non négligeable. « Les assureurs calculent son coût de deux manières, indique Philippe Taboret, directeur général de Cafpi : soit sur le capital emprunté, soit sur la mensualité de remboursement. Elle varie souvent entre 0,3 et 0,7 % du capital emprunté, et entre 2 et 6 % de la mensualité. Par exemple, pour une mensualité de 500 €, elle peut atteindre 10 à 30 €. »

La garantie perte d’emploi étant facultative, à vous de voir si elle vous intéresse. Bien qu’onéreuse, elle peut convenir à certains d’entre vous travaillant dans des secteurs économiques à risque…

Françoise Paoletti