Fin de vie Comment faire connaître ses directives anticipées

Fin de vie

Comment faire connaître ses directives anticipées

Publié le : 17/10/2017 

Grâce aux directives anticipées, chacun peut dire ce qu’il veut pour sa fin de vie. Une manière de faire connaître sa philosophie et de ne pas laisser les autres décider à sa place.

 

À quoi servent-elles ?

Elles vous permettent d’exprimer vos souhaits de fin de vie au cas où vous ne pourriez plus parler à ce moment-là. L’idée est de signifier par écrit si vous voulez poursuivre, limiter, arrêter ou refuser les traitements et les actes médicaux qui vous maintiennent en vie.

Exemples : « Je ne veux pas respirer à l’aide d’une machine » ; « Si je suis en coma prolongé, j’accepte d’être alimenté avec une sonde » ; « Je refuse que ma vie soit prolongée artificiellement ».

Vous pouvez préciser que vous préférez mourir chez vous si cela est possible ou que vous ne voulez pas que telle personne soit là lors de votre dernier souffle. Les directives anticipées sont une occasion de parler de sa fin de vie avec ses proches ou son médecin. Prenez le temps d’y réfléchir.

 

Comment les formuler ?

Vous devez les rédiger vous-même sur papier libre (la Haute Autorité de santé propose des modèles) en mentionnant vos nom, prénom, date et lieu de naissance. La lettre doit être datée et signée. Si vous êtes dans l’incapacité physique d’écrire, une personne de votre choix peut le faire à votre place devant deux témoins qui attesteront que le document est fidèle à vos désirs. Vous pouvez le faire à n’importe quel moment de votre vie.

 

Où les conserver ?

Pour être sûr qu’elles soient respectées par l’équipe soignante, signalez leur existence et l’endroit où vous les avez déposées. Cela peut être dans votre dossier médical partagé (c’est un dossier numérisé créé avec votre consentement et géré par l’assurance maladie), dans votre dossier médical en cas d’hospitalisation ou dans votre dossier de soins si vous êtes admis en maison de retraite. Vous pouvez aussi les garder chez vous, les confier à un proche ou une personne de confiance ou encore à votre médecin traitant. Il est conseillé de fournir des copies à plusieurs personnes.

 

Peut-on les annuler ?

Elles ont une validité illimitée. Cependant, il est possible de changer d’avis et de les annuler ou de les modifier à tout moment. En effet, une chose est de les rédiger lorsqu’on est en bonne santé, une autre est d’être proche de la fin de sa vie. N’oubliez pas d’en informer la ou les dépositaire(s). Si vous oubliez de le faire, en présence de plusieurs écrits, c’est le plus récent qui sera retenu.

 

Les médecins peuvent-ils s’y opposer ?

Les médecins en charge du patient sont contraints de les appliquer à l’exception, notamment, des « cas d’urgence vitale pendant le temps nécessaire
à une évaluation complète de la situation »
. C’est ce qui peut se produire, par exemple, pour une personne transportée aux urgences et pour laquelle le médecin n’a pas de dossier médical ou n’a pas le temps de le consulter.

 

Que se passe-t-il en cas d’arrêt des traitements ?

La loi Leonetti de 2005 sur la fin de vie prévoyait déjà l’arrêt de l’acharnement thérapeutique (traitements jugés « déraisonnables » ), mais la nouvelle loi du 2 février 2016 va plus loin en offrant la possibilité au patient en phase terminale de demander, dans ses directives anticipées, une « sédation profonde et continue associée à un traitement de la douleur ». Parallèlement à l’arrêt des dispositifs de maintien en vie, il recevra un cocktail de médicaments destinés à le plonger doucement dans un état d’inconscience et à soulager ses souffrances jusqu’à son décès.

Bon à savoir. Le Centre de fin de vie et de soins palliatifs (CFSP) répond à vos questions au 08 11 02 03 00 (de 10 h à 13 h et de 14 h à 17 h).

Brigitte Bègue