Mobilité bancaire La mobilité bancaire selon votre profil

Mobilité bancaire

La mobilité bancaire selon votre profil

Publié le : 21/02/2017 

L’entrée en vigueur du « mandat de mobilité bancaire » a simplifié le changement de banque pour le compte courant. Mais transférer les produits financiers d’un établissement à l’autre reste parfois très délicat. Du coup, l’intérêt et/ou la facilité de l’opération dépendent de votre profil. Reportez-vous à ces quatre cas de figure.

 

Cas 1 : Un changement simple

Profil du client

  • Un compte courant dans une banque traditionnelle ou en ligne.
  • Un ou deux placements (par exemple, livrets et assurance vie) dans une banque traditionnelle et des placements (par exemple, PEA et seconde assurance vie) dans une banque en ligne. Ou l’inverse.

Il s’agit d’un profil fréquent. Ce type de client cherche des options d’investissements plus larges et/ou veut profiter d’offres promotionnelles. Il n’est, en général, pas allergique à la négociation. Le transfert du compte courant est souvent motivé par la quête de meilleurs tarifs ou le besoin de peser dans une négociation sur les taux.

En pratique

Dans ce cas de figure, avoir à gérer plusieurs comptes dans différents établissements n’est pas une inquiétude, au contraire ! Pouvoir transférer ses placements en même temps que le compte courant devient donc secondaire et rien ne s’oppose à l’utilisation du nouveau mandat de mobilité bancaire. Un seul risque cependant : finir par ne plus être assez rentable pour… l’une de ses banques. Et voir celle-ci souhaiter mettre fin à certaines relations bancaires.

 

Cas 2 : Relativement aisé

Profil du client

  • Un compte bancaire (ouvert en agence ou en ligne) plutôt actif et pas de découvert important (ou la capacité de le combler rapidement). 
  • Des placements limités et peu diversifiés : un livret A et/ou un livret bancaire qui n’ont pas atteint les plafonds, aucun PEA ou compte-titres. 
  • Aucun crédit à la consommation (ou le client a la capacité de les solder), ni de crédit immobilier.

En pratique

Dans ce deuxième cas de figure, on peut aussi envisager sans grand risque de changer de banque. C’est le moment de comparer les tarifs en fonction des services bancaires que l’on utilise régulièrement. Le mandat de mobilité devrait faciliter la tâche pour le compte courant. Il faudra juste pointer les opérations les premiers mois. Attention, on ne peut transférer un livret A ou un livret d’épargne. Mais on peut en demander à tout moment (et gratuitement !) la clôture. Il faudra donc fermer ces produits et en ouvrir de nouveaux dans la banque d’accueil, avec au passage une petite perte d’intérêts du fait de leur comptabilisation par quinzaine. 

 

Cas 3 : Faisable, quelques complications possibles

Profil du client

  • Un crédit immobilier et/ou quelques placements peu diversifiés (livrets, assurance vie en euros de faible montant ou ouverte il y a peu. 

En pratique

Vous souhaitez transférer tous vos produits dans un autre établissement. Pourtant, un crédit immobilier, des livrets bancaires ou une assurance vie en euros (hors cas particulier du Perp) ne sont pas transférables.

Il va donc falloir tout clôturer et rouvrir. Pour les livrets bancaires et l’assurance vie, pas de souci en théorie. La loi autorise les clients à les solder à tout moment et sans frais. Attention, cependant, aux délais ! En pratique, il faut parfois attendre plusieurs semaines pour récupérer l’argent placé sur un livret A… et quelques mois pour les fonds versés sur son assurance vie. Rien, pourtant, ne justifie ces délais. Concernant l’assurance vie, il faut aussi rappeler que toute fermeture met fin à l’antériorité fiscale et que l’on repart de zéro.

En effet, au-delà de huit années de détention, l’imposition des plus-values tombe à 7,5 % (avec un abattement de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple). Le taux grimpe à 15 % entre 4 et 8 ans de détention. Et à 35 % en cas de détention inférieure à 4 ans. Mais si les montants détenus sur l’assurance vie sont faibles, les plus-values ne représenteront pas grand-chose. L’impact fiscal se révèle ainsi peu significatif. Un crédit immobilier n’étant pas transférable d’un établissement à un autre, le seul moyen de le rapatrier dans la banque d’arrivée est de le faire racheter par cette dernière. L’option peut se révéler très ­intéressante, avec des taux d’intérêt actuels qui se ­maintiennent à des niveaux plancher rarement atteints. À condition de ne pas avoir déjà renégocié son prêt il y a quelques mois.

 

Cas 4 : Complexe… et la facture peut se révéler salée !

Profil du client

  • Bien équipé en produits financiers. Des placements diversifiés (PEA intégrant différents fonds et/ou assurance vie et/ou livrets d’épargne, ayant notamment atteint le plafond). 
  • Éventuellement, un prêt immobilier en seconde partie de remboursement.

En pratique

Le client veut tout transférer en même temps que le compte courant. Les choses ne ­s’annoncent pas simples ! Contrairement à d’autres placements, un plan épargne en actions (PEA) ou un compte-titres peuvent être transférés vers d’autres établissements. Cela permet de conserver ses positions et ses avantages fiscaux. Pour autant, l’opération n’est pas aisée. La plupart des banques facturent des commissions : le coût grimpe vite (les frais peuvent atteindre 300 € pour un portefeuille d’environ 10 000 €) et le mode de calcul n’est pas toujours facile à comprendre. L’opération peut, en outre, durer de longues semaines. Les assurances vie, on l’a vu, ne peuvent être transférées. Il faut solder et ouvrir un autre contrat. On perd tous ses avantages fiscaux. Dommage si le contrat était ancien. Par ailleurs, pour les assurances vie en partie investies sur des unités de compte (placées sur les marchés financiers), la période de clôture peut se révéler très défavorable, avec le risque d’enregistrer des moins-values. Quant aux livrets, on l’a vu, pas d’autre choix que de les fermer. Si la somme globale dépasse les plafonds autorisés, les intérêts au-delà des maxima ne pourront être placés sur le nouveau livret. Dans le cas du prêt immobilier, il existe toujours la possibilité de rachat par la banque d’accueil. Encore faut-il que cela ne coûte pas plus cher (même avec les taux actuels très bas) ! En effet, avec certains prêts en fin de remboursement, les frais de renégociation peuvent se révéler plus élevés que le gain sur les intérêts (forcément réduits en fin de remboursement). La solution pourra être de conserver seulement le prêt immobilier dans la banque de départ. Mais attention de vérifier qu’une clause de domiciliation des revenus n’ait pas été prévue dans le contrat de prêt. Elle bloquerait la possibilité de clôturer le compte courant principal. À moins de négocier avec la banque ou de faire reconnaître le caractère abusif de la clause (si aucun avantage n’a été concédé par la banque en contrepartie). Bref, des démarches qui ne sont pas aisées !

Élisa Oudin