Tourisme

Croisière en eaux troubles

Publié le : 26/04/2005 

Découvrir la vallée du Nil était un rêve. Il a tourné au cauchemar. Après un long refus, Carrefour-Voyages a fini par indemniser ses clients.

 

Pour les 20 ans de leur fille, les époux M., d'Eure-et-Loir, entendent partir tous les trois en Égypte, découvrir la vallée du Nil. Ils s'inscrivent auprès de Carrefour-Voyages pour une croisière de 7 jours sur le Rose of the Nil, un bateau 4 étoiles. Mais, sur place, c'est le Luxor qui est à quai. Changement de décor, le bateau est vétuste, son hygiène déplorable (matelas sales, toilettes bouchées, fuite d'eau...). Bloqués sept jours dans un tel rafiot, ils reviennent furieux et le font savoir à l'agence de voyages. Elle reconnaît le préjudice et offre un dédommagement de quelques euros. Les clients refusent et demandent conseil à l'UFC-Que Choisir d'Eure-et-Loir. L'association locale chiffre le préjudice à 1069 euros, soit le remboursement de 4 jours de croisière. Carrefour-Voyages refuse, affirmant que la partie «bateau» ne représente que 30% du prix payé. L'UFC-Que Choisir locale conseille à ses adhérents de maintenir leur demande. «Le voyage était clairement qualifié de croisière, argumente Dany Rousseau, une des responsables de l'association. Les conditions de séjour à bord et le circuit sur le Nil peuvent être qualifiés d'éléments substantiels du contrat.» D'ailleurs, les parents et leur fille n'ont-ils pas passé 70 à 80% de leur temps sur le bateau ? Faute d'accord, l'association locale demande à la justice de trancher. Dès lors, le ton change, l'agence de voyages fait de nouvelles offres, mais toujours inférieures aux exigences des clients. La date de l'audience au tribunal approche et, subitement, Carrefour-Voyages propose 1069 euros de dédommagement, mais assortit son offre d'une contrainte : interdiction de dévoiler cet accord transactionnel. Drôle de procédé. Les époux M. acceptent les 1069 euros de dédommagement, rayent cette clause litigieuse et informent le tribunal de cette transaction amiable. Le chèque de 1069 euros est arrivé quelques jours plus tard.

Jean-Paul Geai