Traiteurs asiatiques

À prendre avec des baguettes

Publié le : 24/10/2006 

Plutôt bon marché, la nourriture asiatique connaît de nombreux adeptes. À condition de ne pas frôler l'intoxication.

 

Montrée du doigt il y a quelques années dans un reportage télé pour sa piètre qualité, la cuisine asiatique a tenu à redorer son blason. L'UFC-Que Choisir de l'Isère a voulu le vérifier sur le terrain. En juillet dernier, les enquêteurs des associations locales de Grenoble et de Voiron sont allés dans 15 enseignes (restaurants-traiteurs asiatiques et grandes surfaces) qui vendent du riz cantonais à emporter. Accompagné d'un technicien, chaque enquêteur commandait deux barquettes de riz cantonais, l'une pour prise immédiate de température, l'autre pour prélever un échantillon qui était tout de suite placé dans un récipient stérile, aussitôt rangé dans un sac isotherme à 3 °C et acheminé au laboratoire pour analyse microbiologique. Au moment de l'achat, les températures relevées variaient de 81 °C au Palanquin (Voiron) à 7 °C au Phnom Penh (Grenoble). Apparemment, plus le produit est tout juste sorti de la cuisson, plus sa qualité sanitaire est acceptable. Car le bilan des analyses microbiologiques n'est pas franchement rassurant. Seuls 7 établissements, sur les 15 visités, sont sans reproche. Si la qualité est correcte au New Asia (Grenoble) et au Carrefour (Échirolles), ailleurs, l'intoxication guette, le pire ayant été relevé pour le riz cantonais acheté au Phnom Penh, où les analyses révèlent des teneurs en micro-organismes aérobies, staphylocoques et coliformes fécaux qui dépassent largement les normes sanitaires en vigueur. Des contaminations dues essentiellement à un manque d'hygiène lors de la préparation du produit. Autre énigme pour nos enquêteurs : le prix au kilo du riz cantonais n'est jamais affiché chez les traiteurs asiatiques. « L'unité de mesure semble être la barquette, souligne un des enquêteurs, sans référence ni au prix ni au poids de son contenu. Une sorte de prix à la tête du client. »