Distribution de crédit à la consommation en France

Face à la fabrique de malendettement, 5 propositions concrètes !

Publié le : 13/03/2009 

A la veille des annonces gouvernementales sur la réforme du crédit à la consommation, l'UFC-Que Choisir rend publique une enquête nationale accablante qui souligne que les distributeurs de crédit favorisent le malendettement des ménages et formule 5 propositions concrètes et indispensables qu'elle mettra sur la table lors de la réunion de concertation lundi matin à Bercy.

En effet, 73 associations locales de l'UFC-Que Choisir ont sollicité les distributeurs de crédit dans leur département pour examiner vers quelle forme de crédit à la consommation ils orientent les consommateurs désirant emprunter 2 500 euros pour remplacer leur électroménager (lave-vaisselle, lave-linge, etc.)*(1). Compte tenu de ce projet, un crédit affecté ou personnel est le plus approprié.

Pourtant, sur les 1 118 propositions de crédit obtenues, les résultats de l'enquête sont sans appel :

- 72% des distributeurs sollicités ont orienté le consommateur vers un crédit revolving,

- 82% des établissements n'ont donné aucune information claire et lisible sur les caractéristiques du prêt (coût total, taux d'intérêt, mensualité, montant de la réserve, etc.),

- 87% n'ont pas vérifié la solvabilité de l'emprunteur, ni prêté attention au projet du consommateur.

Les principaux pourvoyeurs de revolving sont les établissements de crédit spécialisés. Sur les 9 sollicités sur Internet, tous ont proposé un crédit revolving. Les lieux de vente (grandes surfaces, grands magasins, etc.) ne sont pas en reste dès lors que 63% ont fait de même et que 94% ont fourni de fait une réserve d'argent -donc un crédit revolving- via la carte magasin qui conditionne l'obtention du "3 fois sans frais". Seules les agences bancaires semblent plus vertueuses, puisque 14% « seulement » ont proposé du revolving.

Alors que le crédit revolving est dénoncé comme une source dangereuse d'endettement, que 84% des dossiers de surendettement comprennent un crédit revolving (en moyenne 6 par dossier), cette orientation quasi exclusive des consommateurs vers ce crédit inadapté est inadmissible. Pire encore, comment peut-on accepter l'idée qu'un consommateur en soit équipé malgré lui via les cartes de fidélité des magasins ? La fidélité ne doit pas être le « cheval de Troie » du revolving !

Refusant que cette distribution effrénée de prêts toxiques perdure, l'UFC-Que Choisir propose 5 mesures simples et concrètes : interdiction du démarchage, amélioration de la clarté et de la lisibilité des publicités et des contrats de crédit, obligation pour les conseillers de vérifier la solvabilité de l'emprunteur et son projet avant de lui proposer un crédit adapté, interdiction du crédit revolving sur les lieux de vente, interdiction d'associer une réserve d'argent avec une carte de fidélité ou de paiement.

D'ores et déjà, dans le cadre de l'appel des personnalités lancé par l'association, 160 parlementaires se sont prononcés pour ces mesures, à commencer par Didier MIGAUD, Président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale et Philippe MARINI, Sénateur, Rapporteur Général du Budget.

L'UFC-Que Choisir appelle donc le gouvernement à tirer les conséquences de cette enquête et de l'appel des parlementaires en incluant dans le texte de loi qu'il prépare ces 5 propositions indispensables afin que la distribution du crédit soit enfin responsable.

 

*(1) : L'enquête réalisée par des bénévoles s'est déroulée entre le 5 janvier et le 10 février. En moyenne, outre les 9 établissements de crédit spécialisés sollicités par Internet, chacune des 73 associations locales a enquêté auprès de 2 banques et 6 lieux de vente (soit un total de 169 banques et 445 lieux de vente).