Publicité et obésité infantile

Les messages sanitaires et l'autorégulation ne sont que des mesures dilatoires !

Publié le : 26/02/2007 

L'UFC-Que Choisir publie aujourd'hui une étude en deux parties démontrant :

- Que les nouveaux messages sanitaires qui vont être insérés dans les publicités sont impuissants à protéger les enfants du harcèlement nutritionnel opéré par le marketing agroalimentaire,

- Que l'autorégulation en matière de publicité fait d'elle-même la preuve de son échec.

1 - L'UFC-Que Choisir a testé l'impact d'un message sanitaire, introduit dans un spot télévisé modifié pour l'occasion. La diffusion de cette publicité auprès de plus de 700 personnes révèle que :

- Près d'un consommateur sur deux ne voit pas le message sanitaire,

- 91 % des personnes sont dans l'incapacité d'identifier que le produit alimentaire présenté en même temps dans la publicité, est déséquilibré.

2 - L'analyse de 285 spots publicitaires destinés aux enfants (1) montre que les règles édictées par le BVP (Bureau de Vérification de la Publicité) n'ont en réalité aucun impact concret sur les pratiques des professionnels :

- Lorsque le BVP se vante de ses recommandations pour une alimentation équilibrée, en parallèle il agrée 89 % de spots faisant la promotion de produits trop gras ou trop sucrés,

- Alors qu'il prétend proscrire le grignotage ou l'exagération des bénéfices que l'on peut attendre des produits, nous avons relevé lors de notre enquête plusieurs publicités en contradiction manifeste avec ces principes.

Selon Alain BAZOT, Président de l'UFC-Que Choisir, « au lieu d'accumuler des mesurettes à l'efficacité douteuse, les pouvoirs publics devraient sortir de leur incohérence consistant à autoriser le matraquage publicitaire, pour des produits dont par ailleurs ils demandent de réduire la consommation ! »

Alors que la France compte chaque année 440.000 personnes obèses supplémentaires, on ne peut plus retarder la mise en oeuvre des recommandations des nutritionnistes vis-à-vis du marketing télévisé (2).

Sur le modèle des réglementations existant en Grande-Bretagne, en Suède ou au Québec, l'UFC-Que Choisir demande que la diffusion des publicités pour les produits trop riches en matières grasses, en sucre ou en sel soit restreinte lors des programmes pour enfants.

(1) Enregistrement durant deux semaines de 285 spots diffusés sur 5 chaînes nationales lors des programmes pour enfants.

(2) Dès juin 2000 l'Inserm (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) demandait un encadrement réglementaire des publicités télévisées lors des programmes pour enfants. L'Afssa (Agence de Sécurité Sanitaire des Aliments) a publié une recommandation analogue en juillet 2004.