ACTUALITÉ
Allergènes dans les cosmétiques

L’info s’améliore… tout doucement

Neuf ans après la mise en garde des experts, la Commission européenne édicte un règlement étendant l’obligation d’étiquetage des allergènes.

Plus de 2 000 composants de parfums sont utilisés dans les produits cosmétiques. Or, leur potentiel allergisant est avéré : ils peuvent provoquer des réactions cutanées mais aussi oculaires ou respiratoires. À l’échelon européen, selon les différentes estimations, entre 4 et 40 millions de personnes sont concernées. Elles peuvent ressentir des effets indésirables dès lors que les produits renferment du parfum, qu’il soit d’origine naturelle ou obtenu par synthèse.

Jusqu’à cet été, les 26 allergènes les plus problématiques devaient figurer dans la liste d’ingrédients des cosmétiques dès lors qu’ils étaient présents au-delà d’un certain seuil (1). Mais cette réglementation ne suffisait pas à garantir la sécurité des consommateurs car bien d’autres composants sont susceptibles de déclencher des allergies. Aussi, depuis le 31 juillet, la liste s’est considérablement rallongée : elle concerne quelque 80 substances énumérées dans un règlement européen qui rend leur étiquetage obligatoire à partir des mêmes seuils. Devra donc être portée à la connaissance des acheteurs la présence de certains éléments d’origine naturelle (par exemple, les extraits d’ylang-ylang ou de jasmin à grandes fleurs, l’essence de térébenthine, le baume du Pérou, l’huile essentielle de girofle) mais aussi de nombreux composés chimiques dont on vous épargne les noms à rallonge.

Une décennie pour légiférer

Une réforme positive mais bien tardive. Comme souvent, la Commission a perdu de nombreuses années avant de légiférer au bénéfice des citoyens. L’avis du Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (SCCS), attirant l’attention sur le potentiel nocif de toutes ces substances et la nécessité d’informer clientèle et médecins date en effet de… 2012 !

Mais, on s’en doute, l’allongement de la liste n’est pas du goût des professionnels. D’après eux, plus de 90 % des références devront changer d’étiquetage. C’est dire si l’usage de ces allergènes jusqu’ici cachés est répandu. Consultés par les instances européennes, les fabricants ont invoqué des coûts supplémentaires, principalement pour les analyses et la reformulation des produits, mais aussi une perte d’attractivité des emballages et de confiance des clients. La commission a pourtant maintenu son projet au nom de la santé publique, soulignant que le statu quo aurait conduit à une augmentation des visites chez les dermatologues et des allergies improprement diagnostiquées faute de connaître tous les composants en présence. Cela dit, elle s’est montrée très accommodante avec les fabricants : ils disposeront de 3 ans pendant lesquels ils pourront encore mettre sur le marché des références ne respectant pas le nouveau règlement et de 5 ans pour écouler leurs stocks. Ce n’est donc qu’à partir du 31 juillet 2028, soit 16 ans après la mise en garde du SCCS, que les consommateurs seront correctement informés sur l’ensemble des produits.

Espérons que d’ici là, les reformulations permettront de se passer de nombreuses substances allergisantes. Nous avions, au fil des ans, constaté une telle amélioration concernant les 26 allergènes majeurs. Des formules plus simples seraient bienvenues non seulement pour ménager la santé des utilisateurs mais pour une question de lisibilité des listes d’ingrédients.

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(1) 0,001 % pour les produits non rincés, comme les crèmes, et 0,01 % pour les produits rincés, comme les gels douche.

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