Allergies cutanées

Une enquête préliminaire est ouverte

Publié le : 20/05/2009 

Un an après qu'elle a été révélée, une enquête est ouverte pour faire la lumière sur l'affaire des fauteuils contaminés. Dans le même temps, le ministère de la Santé lance de nouvelles analyses dans les logements des victimes pour savoir pourquoi ces dernières souffrent toujours de troubles alors qu'elles se sont séparées du fauteuil incriminé.

 

La police judiciaire de Paris conduit depuis fin avril une enquête préliminaire sur les cas d'allergies cutanées provoqués par le diméthylfumarate. Cet antifongique, contenu dans des sachets anti-moisissure placés à l'intérieur de fauteuils de relaxation fabriqués pour le compte de Conforama par la société chinoise Linkwise, a causé courant 2008 plus de 500 allergies dont certaines d'une exceptionnelle gravité (« Que Choisir » no 463, p. 6). La police enquête sur la totalité des plaintes qui ont été déposées à Meaux (dont dépend le siège social de Conforama), Lille et Marseille. C'est un avocat lillois, Me Patrick Tillie, qui a déposé en janvier les premières plaintes contre l'enseigne pour une trentaine de victimes pour « blessures involontaires, mise en danger d'autrui et tromperie sur la qualité de la chose vendue ». Une plainte similaire a été déposée à Marseille pour 70 victimes. Les enquêteurs devront vérifier si Conforama a assuré une protection suffisante des consommateurs.

L'alerte a été donnée en mai 2008 par le Dr Christian Le Coz, dermatologue à Strasbourg. Conforama a prévenu quelque 47 000 clients et organisé le rappel des fauteuils 2 mois plus tard, à la mi-juillet. Un cas d'allergies cutanées avec des fauteuils fabriqués en Chine avait été signalé au système européen d'alerte Rapex dès 2007 par la Grande-Bretagne. Il ne mentionnait néanmoins pas expressément le diméthylfumarate. L'interdiction des produits contenant cet antifongique a été décidée début décembre en France. En novembre, différentes enseignes (Etam, Eram, la Halle aux chaussures...) avaient retiré du marché des bottes et des chaussures chinoises contaminées. La commission européenne a enfin interdit le diméthylfumarate le 1er mai dernier. Bien que s'étant débarrassé des fauteuils incriminés depuis longtemps, plusieurs victimes continuent de souffrir de problèmes de santé. Aussi le ministère de la Santé a-t-il décidé de déclencher une nouvelle procédure sanitaire, en analysant notamment l'air dans les logements de ces personnes.

Caroline Fornieles