par Elsa Casalegno
par Elsa Casalegno
Les instances européennes ont tranché : la plupart des termes habituellement utilisés pour désigner des aliments à base de viande sont désormais réservés aux produits de boucherie-charcuterie qui contiennent effectivement de la chair animale, dans toute l’Union européenne (UE). Au grand dam des filières végétales.
Les termes « viande » et 31 autres désignant des produits carnés (bœuf, veau, porc, volaille, poulet, dinde, canard, oie, agneau, mouton, ovin et chèvre, mais aussi steak, rumsteck, bacon, pilon, filet mignon, faux-filet, flanchet, longe, côtes, épaule, jarret, côtelette, aile, blanc, foie, cuisse, poitrine, entrecôte ou encore T-bone) sont désormais réservés aux produits contenant effectivement de la chair animale.
Ainsi en ont décidé conjointement le Parlement européen, le Conseil de l'Union européenne et la Commission européenne, le 5 mars 2026, à la faveur d’une révision ciblée du règlement OCM (organisation commune des marchés, qui régit les marchés agricoles au sein de l’UE). Leurs motivations : « Renforcer la transparence sur le marché intérieur et permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés », explique le Conseil de l’Union européenne dans un communiqué. L’accord doit encore être formellement approuvé par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne, puis promulgué au Journal officiel de l’Union européenne, avant d’entrer en vigueur.
Il met ainsi un terme (provisoire ?) au long débat sur l’utilisation de termes de boucherie pour des produits alimentaires à base de protéines végétales. Ces 32 termes seront désormais interdits aux alternatives végétales. Seuls les termes « burger », « saucisse » et « nuggets » leur restent autorisés.
Cette décision fait suite à plusieurs changements de cap de l’UE sur ce sujet. Ainsi, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avait estimé, le 4 octobre 2024, que les aliments végétaux de substitution à la viande pouvaient continuer à utiliser des termes traditionnellement utilisés pour les produits carnés ou de la mer, à condition d’indiquer sans ambiguïté leur composition végétale. Ce qui avait contraint, en France, le Conseil d’État à annuler deux décrets gouvernementaux de 2022 et 2024, qui interdisaient de nommer les produits comportant des protéines végétales par des termes de boucherie, de charcuterie ou de poissonnerie.
Elsa Casalegno
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