Étiquetage des aliments Les produits végétaux ne pourront plus utiliser de dénominations liées à la viande

Étiquetage des aliments

Les produits végétaux ne pourront plus utiliser de dénominations liées à la viande

Publié le : 05/07/2022 

À partir du 1er octobre prochain, les termes associés aux produits à base de viande ou de poisson seront réservés aux produits d’origine animale ou contenant une part très limitée de protéines végétales. Un décret clarifie désormais l’information aux consommateurs, face à la forte augmentation d’aliments à base de protéines végétales imitant des produits carnés.

 

Les galettes veggie, steaks de soja, saucisses de lentilles et autres imitations de viande à base de protéines végétales ne pourront plus s’appeler « saucisse », « jambon », « filet » ou encore « escalope », « nuggets » ou « aiguillette »… À partir du 1er octobre, les termes associés aux produits d’origine animale, par exemple désignant des pièces de viande, de poisson ou des charcuteries, seront réservés aux produits carnés ou contenant une faible part de protéines végétales. Un décret paru le 30 juin au Journal officiel en précise l’utilisation. Une clarification utile pour les consommateurs, régulièrement induits en erreur par le marketing autour de ces nouveaux aliments, dont la consommation grimpe.

Une faible proportion de protéines végétales parfois tolérée

Ainsi, un « steak » devra être constitué d’une pièce de viande, de même qu’un jambon. Pour les préparations pouvant contenir des protéines végétales, cette proportion est encadrée, et limitée à des teneurs comprises entre 0,5 et 7 %. Ainsi, une « préparation de viande hachée » ne pourra pas contenir plus de 7 % de protéines végétales. La plupart des saucisses et saucissons autoriseront un taux d’incorporation allant jusqu’à 3 %, et les pâtés et terrines à 5 %. Pour les divers jambons, le lard, le petit-salé ou encore le corned-beef, ce sera limité à 0,5 %.

La filière des œufs se félicite également de ce décret, qui mettra fin à « de nombreuses tromperies », puisque les dénominations telles que « blanc d’œuf », « omelette », « crème anglaise », « île flottante », « mayonnaise », etc. seront désormais réservées à des aliments ne contenant pas de protéines végétales (ou moins de 0,1 % pour l’omelette).

Les industriels disposent néanmoins d’un long délai pour s’adapter et écouler leurs stocks. Ainsi, les denrées « fabriquées ou étiquetées » avant le 1er octobre 2022 pourront tout de même être commercialisées jusqu’en décembre 2023…

Les importations échappent à l’interdiction

Pour les filières d’élevage, chahutées par le succès des préparations veggie, c’est un soulagement. La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et ses sections spécialisées (bovins, lait, porc, volailles) se sont immédiatement félicitées de cet encadrement, malgré les limites du texte. « Des mots comme “steak” ne pourront plus être utilisés pour des produits végétaux, souligne Yannick Fialip, administrateur de la FNSEA. Mais le décret est flou sur les importations. » Une grande partie des aliments à base de protéines végétales sont importés. Or, le texte précise que le décret ne peut s’appliquer aux produits provenant d’autres pays de l’Union européenne… La transparence va donc rapidement atteindre ses limites ! C’est pourquoi les professionnels agricoles réclament l’élargissement de cette mesure au niveau européen. L’interprofession porcine demande également une protection vis-à-vis des viandes de synthèse.

« Une protection des intérêts de la filière viande »

À l’inverse, et sans surprise, la filière de l’alimentation végétale déplore cette décision qui « risque d’entraver et de retarder le développement de la filière végétale » nécessaire à la lutte contre le réchauffement climatique et à « une transition vers des alimentations plus saines et durables » – même si l’aspect « sain » reste à démontrer pour une partie des aliments vegan commercialisés, comme le montrent nos tests sur les produits à base de soja. L’Observatoire national de l’alimentation végétale (ONAV) argue que cette utilisation de dénominations carnées « ne gêne pas les consommateurs », et dénonce « une protection des intérêts économiques de la filière viande ».