Danger des médicaments Les antinauséeux associés à un risque d’AVC

Danger des médicaments

Les antinauséeux associés à un risque d’AVC

Publié le : 29/04/2022 

Des médicaments couramment utilisés pour traiter les nausées et les vomissements semblent favoriser la survenue d’AVC. Prudence avec ces traitements.

 

La dompéridone (Motilium et génériques), la métoclopramide (Primpéran, Prokinyl) et la métopimazine (Vogalène, Vogalib) sont des médicaments courants, utilisés contre les nausées et les vomissements. Mais attention, leur prise est associée à un risque accru d’accident vasculaire cérébral, alertent des chercheurs français (1). Ils ont étudié notre base de remboursement nationale et sont arrivés à la conclusion suivante : le risque d’AVC est multiplié par 3 environ. Le risque était plus marqué pour la métopimazine que pour les autres molécules. Il était aussi plus marqué dans les tout premiers jours du traitement.

Le type d’étude mis en œuvre ici fait simplement un constat et ne permet pas d’affirmer définitivement la culpabilité des médicaments. On pourrait imaginer que les personnes prennent un antinauséeux précisément en raison de symptômes annonciateurs d’un AVC. Toutefois le mécanisme d’action de ces antinauséeux les rend suspects. On sait que ces antinauséeux ont un effet dit « antidopaminergique ». Or d’autres médicaments, les antipsychotiques, ont aussi un effet antidopaminergique et sont connus pour provoquer des AVC. Les chercheurs avaient donc une bonne raison d’investiguer un risque d’AVC pour ces antinauséeux qui sont de la même famille.

Cette suspicion d’effet indésirable alourdit donc le dossier de ces médicaments, déjà déconseillés par la Haute Autorité de santé (HAS) en 2019 pour les enfants et les personnes âgées. Ils n’offrent qu’une modeste efficacité et exposent à d’autres effets indésirables parfois lourds comme des troubles neurologiques et, pour la dompéridone, à des troubles cardiaques rares mais graves. Le risque est donc disproportionné pour des affections bénignes. Ils ne sont donc pas recommandables pour des usages de confort tels que des gastro-entérites.

 (1) BMJ, 23/03/2022

Perrine Vennetier