Fin des vols d’Aigle Azur Pas de dédommagement pour les passagers

Fin des vols d’Aigle Azur

Pas de dédommagement pour les passagers

Publié le : 06/09/2019 

La compagnie française Aigle Azur, spécialisée dans les vols vers l’Algérie, n’assurera plus de vols à compter de ce vendredi soir. Les passagers dont le vol a été annulé ne recevront pas de remboursement et ceux coincés à l’étranger doivent se rapprocher d’autres compagnies.

 

Cette fois, elle est française. L'épidémie de dépôts de bilan dans l'aérien, qui a touché depuis le début de l’année l’allemande Germania et l’islandaise Wow Air, a rattrapé la compagnie hexagonale Aigle Azur, qui transporte un quart des passagers entre la France et l’Algérie.

Après plusieurs jours d’incertitudes, la deuxième compagnie française après Air France a publié un communiqué douchant les espoirs des voyageurs : « Aigle Azur, en grande difficulté économique, se voit malheureusement dans l’obligation d’annuler tous ses vols à compter de samedi 7 septembre inclus. En effet la situation financière de la société et les difficultés opérationnelles en résultant ne permettent pas d'assurer les vols au-delà du 6 septembre au soir. […] La situation financière de la société ne permet pas de garantir un dédommagement, les procédures devront être engagées par les organes de la procédure à cet effet. »

Les passagers devant voyager ce vendredi peuvent se référer à la liste des derniers vols qui seront effectués. Ceux dont le voyage était prévu à partir du 7 septembre doivent se tourner vers d’autres compagnies et racheter un billet. Conformément aux accords internationaux dans l’aviation civile, les passagers coincés à l’étranger peuvent tenter d’obtenir des billets à tarif préférentiel auprès d’autres compagnies françaises et étrangères.

Se rapprocher de son agence de voyage

Pour les passagers lésés, la sentence est désormais connue et malheureusement toujours aussi peu favorable. Ceux qui ont réservé leur vol dans le cadre d’un voyage à forfait (vol + hôtel) auprès d’un tour-opérateur se verront proposer un vol de remplacement. Quant aux clients ayant acheté un billet directement auprès de la compagnie, ils n’ont quasiment aucune chance de se faire rembourser. En effet, en cas de faillite, une compagnie aérienne ne peut plus disposer de son argent, qui est utilisé pour rembourser les créanciers. Or, les clients ne sont pas prioritaires : l’argent disponible est d’abord réquisitionné pour rembourser les services fiscaux, les salariés ou les banques… Jouant la transparence, Aigle Azur a néanmoins ouvert un site dédié permettant aux passagers de déclarer leur créance auprès du mandataire judiciaire (guide d'utilisation et formulaire de déclaration).

Dans ce contexte, les dossiers ouverts auprès de notre service Indemnit’Air, lancé dans le but d’aider les passagers aériens victimes de surbooking, de vol retardé ou d’avion annulé à obtenir simplement l’indemnisation qui leur est due, n’ayant plus de chance d’aboutir, seront clos.

« Les passagers des vols annulés peuvent également se rapprocher de leur assurance existante dans le cadre des paiements par carte bancaire, pour obtenir le remboursement ou le dédommagement de leur billet », écrit également Aigle Azur. Pour rappel, les assurances annulation vendues par les compagnies au moment d’acheter un billet couvrent le passager (en cas de maladie, de licenciement…) et non la compagnie, elles ne permettent donc pas de se faire rembourser en cas de faillite.

En redressement judiciaire depuis lundi 2 septembre, Aigle Azur, qui compte 1 150 employés, dont 350 en Algérie, et une flotte de 11 avions, a jusqu’au lundi 9 septembre pour trouver un repreneur. Plusieurs repreneurs potentiels auraient fait part de leur intérêt, car la compagnie dispose d’un argument de poids : elle dispose de 9 800 créneaux horaires annuels à Orly, où le total pour toutes les compagnies est plafonné à 250 000. Ces créneaux intéressent fortement certaines compagnies désireuses d’augmenter leur présence sur cet aéroport francilien. De quoi faire craindre aux syndicats d’Aigle Azur une « vente à la découpe »…

Morgan Bourven

morganBrv