Une pétition, à laquelle s’associe l’UFC-Que Choisir, est lancée pour obliger les industriels à apposer un logo compréhensible par tous sur les emballages des produits alimentaires. 

 
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Incompréhensibles. Avec leurs chiffres en pagaille, leurs pourcentages abscons, leurs abréviations connues des seuls initiés (kJ, kcal, AJR, RNJ), les tableaux de composition nutritionnelle présents sur les emballages des produits alimentaires ont de quoi laisser perplexe le consommateur le plus averti. A fortiori, le client moyen, qui consacre quelques secondes au choix de chaque produit en magasin.

Pour permettre à chacun de se faire rapidement une idée claire de la valeur nutritionnelle des produits, le professeur Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé, propose dans un rapport publié fin 2013 (1) de mettre en place un code couleurs. Les produits les plus recommandables porteraient une pastille verte, puis l’échelle passerait par le jaune, l’orange, le rose fuchsia et enfin le rouge qui désignerait les aliments les plus déséquilibrés. Pour décider de la notation de chaque produit, seraient pris en compte les calories, sucres simples, graisses saturées, le sel, les fibres, les fruits et légumes et les protéines.

code couleurs

Comme le précise Serge Hercberg dans son rapport, cet étiquetage permettrait au consommateur de comparer plus facilement des produits de différentes familles mais aussi au sein d’une même famille. Comme le montrent fréquemment nos tests, des produits a priori proches ont en fait des valeurs nutritionnelles bien différentes. Par exemple, certaines céréales pour petit déjeuner sont très grasses et sucrées, d’autres beaucoup moins. Le nouveau système inciterait aussi les industriels à améliorer la qualité nutritionnelle de leurs produits car leurs efforts seraient récompensés par un classement plus positif et bien visible. C’est du moins ce qu’espèrent les promoteurs de cet étiquetage simplifié. Différents types de logos ont été introduits en Grande-Bretagne ou encore dans les pays scandinaves mais ce système (appréciation globale de l’aliment sur une échelle à cinq grades) n’a jamais été expérimenté.

Le choix de produits de valeur nutritionnelle optimale conditionne l’équilibre alimentaire de chacun et, au-delà, l’état de santé des populations. Surpoids et obésité mais aussi maladies cardiovasculaires, diabète et certains cancers sont étroitement liés à l’alimentation. C’est pourquoi plusieurs sociétés savantes et associations professionnelles (Société française de santé publique, Société française de pédiatrie, Association française des diététiciens nutritionnistes) mais aussi des associations de malades comme l’Association française des diabétiques, sans oublier l’UFC-Que Choisir, ont décidé de soutenir la mise en œuvre de cet étiquetage nutritionnel simplifié par le lancement d’une pétition adressée au Premier ministre.

Vous pouvez vous aussi signer la pétition afin de réclamer et obtenir un étiquetage nutritionnel enfin compréhensible.

Trois exceptions

La nutrition étant une science complexe, certains produits peuvent difficilement être notés via le système à cinq couleurs proposé. Trois familles feraient donc exception à la règle et pourraient faire l’objet d’une notation différente, qui reste à préciser.

 

D’une part, les matières grasses : sous le « régime général », toutes hériteraient d’un logo rouge. Or, leur intérêt nutritionnel varie selon les cas. Par exemple, l’huile de colza, riche en oméga 3, ne doit pas être notée comme l’huile de palme.

 

D’autre part, les boissons. Hors de question qu’une boisson light, qui entretient l’appétence pour le goût sucré, soit aussi bien notée que l’eau.

 

Enfin, les fromages, au cœur de la tradition alimentaire française : bien que souvent gras, leur apport en calcium en fait des produits intéressants. Mais le calcium, tout comme les autres vitamines et minéraux, n’est pas pris en compte par le système proposé. D’abord parce qu’il n’existe pas de déficiences notables dans la population française, sauf pour certains groupes bien définis. Ensuite, parce qu’il serait trop facile, pour les industriels, de faire remonter leurs notes en ajoutant à des produits déséquilibrés des cocktails de vitamines et minéraux.

 

(1) « Propositions pour un nouvel élan de la politique nutritionnelle française de santé publique ». Cosigné avec le professeur Arnaud Basdevant, auteur de la partie concernant la prise en charge des malades.  http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/144000068/0000.pdf