Pastilles d’iode

Ruée sans fondement

Publié le : 19/03/2011 

La catastrophe nucléaire au Japon a entraîné une ruée vers les pastilles d’iode, y compris en France. Cette substance n’a en réalité d’utilité que dans des conditions précises.

 

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Les pharmaciens français font face, ces derniers jours, à une demande croissante de pastilles d’iode, dopée par la peur du passage d’un nuage radioactif en provenance du Japon. En cas de pollution, l’iode stable sature la thyroïde et empêche l’iode radioactif de s’y fixer, ce qui limite le risque de cancer et de dérèglement hormonal.

En France, l’iode stable est théoriquement en vente libre. Il n’est pas nécessaire d’avoir une ordonnance pour s’en procurer. Reste que les autorités françaises ont demandé aux pharmaciens de ne pas en commander auprès de leur grossiste. Les officines n’en vendront donc pas dans l’immédiat.

Il faut savoir que l’iode est fabriqué exclusivement par la pharmacie centrale des armées (PCA), en priorité pour les personnes vivant à moins de 10 km d’une centrale nucléaire. Celles-ci peuvent retirer des comprimés en pharmacie gratuitement sur présentation d’un bon, afin d’en avoir chez elles en permanence. Pour le reste de la population, des stocks sont constitués en perspective d’un accident majeur.

Dans tous les cas, inutile pour le moment de céder à la panique. Car l’iode ne s’administre pas n’importe comment. L’efficacité est maximale 1 à 2 heures avant l’arrivée de la pollution, et s’étend sur 24 heures. En général, une seule prise très ciblée est suffisante. Enfants et femmes enceintes sont les plus vulnérables. Les populations soumises au risque sont averties par un signal et par la radio, à l’initiative des préfectures. En plus des comprimés d’iode, elles sont incitées à se calfeutrer.

En dehors de ces indications, prendre de l’iode en prévention et en l’absence de pollution avérée n’a aucun sens. Cela peut même provoquer une allergie ou des effets secondaires importants, notamment chez les personnes présentant déjà des troubles de la thyroïde : une hyperthyroïdie peut entraîner des troubles cardiaques graves.

Iodure de potassium

Anne-Sophie Stamane

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