Seniors

Le retour du foyer logement

Publié le : 16/01/2011 

Cette formule d’hébergement s’est développée à destination des retraités dans les années 1960. Peu à peu tombées en désuétude, les personnes âgées préférant rester à domicile même en cas de dépendance, ces structures ont un nouvel avenir devant elles.

 

« Il n’y a pas que le défi de la dépendance à relever. » Voilà, en résumé, ce qui s’est dit lors du colloque organisé en décembre dernier sur les foyers logements. On y a parlé de leur nécessaire modernisation, mais surtout de leur place dans l’offre de solutions pour les personnes âgées. Car le nombre de personnes vieillissantes – et valides – va augmenter dans les années à venir, particulièrement en ville. Il y faudra donc une offre de logements adaptée, ainsi que les services qui vont de pair (médecins, infirmières, kinés, aides ménagères…). Le foyer logement peut relever ce défi. Il conjugue appartements privatifs et espaces collectifs, avec la possibilité de recourir à des services communs : restauration, ménage, laverie… C’est le même principe que celui qui régit les résidences de services, mais avec un loyer bien plus modéré, ces établissements relevant surtout du secteur public ou associatif.

Mode d’emploi

En foyer logement, le résident paie une « redevance » (par exemple 600 euros pour un T1bis) plus des suppléments selon les services qu’il souscrit. Il peut aussi faire appel à des services extérieurs (par exemple s’il souhaite garder sa femme de ménage). Ces établissements peuvent être habilités à l’aide sociale et conventionnés APL (aide personnalisée au logement), comme les maisons de retraite. Et, comme elles, ils nécessitent des autorisations et doivent s’intégrer dans les schémas gérontologiques départementaux. Ce n’est pas le cas des résidences de services, développées par le secteur privé et dont certaines connaissent quelques soucis d’occupation (charges élevées, implantation peu opportune… ), ni des « villages seniors » qui regroupent 50 à 200 pavillons de plain-pied protégés par un mur, souvent situés à l’extérieur des villes, voire parfois dans des communes dépourvues de médecin. Or penser ses vieux jours implique d’avoir un regard d’ensemble, non seulement sur le logement mais aussi et surtout sur son environnement (transport, loisirs, services…).

Quel avenir ?

Désormais, tout se joue au niveau des ARS (agences régionales de santé). Il leur appartient de déterminer combien il faut de maisons de retraite – l’offre n’est pas si abondante que ça : la cour des Comptes a montré que les taux d’équipement sont en baisse, malgré les efforts de création – et d’offres intermédiaires, dont les foyers logements. Ces « oubliés de l’histoire » ont décidé de mener une grande campagne d’information vis-à-vis des ARS, car le secteur médico-social est peu connu du monde sanitaire.

Leur évolution est en tout cas à l’ordre du jour. Un cahier des charges est en cours de finalisation entre le ministère du Logement, la Caisse nationale d’assurance vieillesse, la Direction générale de la cohésion sociale et les bailleurs sociaux. Il est attendu de longue date car, sur le terrain, les consignes sont parfois contradictoires… But du jeu ? À côté des nécessaires améliorations architecturales, imaginer des solutions pour mieux préserver l’autonomie des résidents et proposer un vrai projet de vie sociale. Les expériences innovantes sont les bienvenues car, même si le domicile reste le choix par excellence des seniors, face à certaines situations d’isolement, cette forme de vie en communauté peut être un vrai « plus ».

 

Petit état des lieux

• Il existe actuellement 2 800 foyers logements offrant quelque 146 000 places. Certains ayant été partiellement transformés en maisons de retraite, il reste 2 350 foyers logements pouvant accueillir 117 000 personnes âgées.

• Leur taille est en moyenne de 50 places (contre 80 pour les maisons de retraite), essentiellement des T1 (36 %) et des T1bis (52 %). La gestion de ces établissements est majoritairement publique (2/3) ou associative (1/3).

• Le taux d’encadrement y est de 0,13, soit 13 agents pour 100 résidents (en maison de retraite, il est de 0,57). L’âge moyen des résidents est de 82 ans, ils sont généralement peu dépendants.

• Le rapport foyers logements/parc d’hébergement est en moyenne de 21 % au niveau national, avec de fortes disparités (35 % en Haute Normandie ; 8 % en Auvergne).

 

Source : Mensuel des maisons de retraite

 

 

Micaëlla Moran