Transport aérien

Les suppléments s'envolent !

Publié le : 07/09/2010 

Dans un contexte de crise aiguë pour le transport aérien, le prix des billets est orienté à la baisse. Les transporteurs aériens se rattrapent cependant en facturant aux voyageurs des frais annexes de plus en plus nombreux. Un cabinet d'études américain a même conclu que ces suppléments en tout genre étaient devenus pour les compagnies une source de recettes non négligeable.

 

« Que Choisir » l'a dénoncé à plusieurs reprises dans ses colonnes, mais l'étude du cabinet américain IdeaWorks a le mérite de quantifier précisément le phénomène : les suppléments en tout genre plus ou moins imposés par les compagnies aériennes à leurs passagers ont le vent en poupe.

À l'échelle mondiale, les recettes annexes ont même atteint en 2009 la bagatelle de 11 milliards d'euros, soit une progression de 43 % par rapport à l'année précédente en dépit de la baisse du trafic aérien international. Il faut dire que toutes les prestations annexes au transport proprement dit sont dorénavant susceptibles d'être facturées aux voyageurs. Choix du siège, bagages supplémentaires en soute, accès prioritaire à l'embarquement... les compagnies aériennes, et pas seulement celles à bas coût (low cost), ont l'imagination fertile pour trouver de nouvelles sources de recettes !

L'étude l'atteste, d'ailleurs. Au classement des transporteurs qui engrangent les plus gros revenus annexes, United Airlines et American Airlines arrivent en tête (environ 1,5 milliard d'euros de recettes). Les plus grosses compagnies low cost européennes Ryanair et Easyjet font nettement moins « bien » (respectivement 664 et 609 millions d'euros). Air France, pour sa part, n'est pas (encore ?) dans le « top ten » de l'étude du cabinet américain.

Pratique moquée puis imitée

Cette tendance à proposer un billet avec un prix de départ peu élevé et à le faire gonfler par une multitude de suppléments plus ou moins obligatoires a été initiée par les compagnies low cost lors de leur envol dans les années 1990. À l'époque, leurs concurrentes classiques avaient moqué cette pratique. Des années plus tard, rattrapées par la réalité économique, elles ont à leur tour adopté cette recette source de juteuses... recettes pour elles !

D'ailleurs, le modèle low cost gagne progressivement les transporteurs aériens classiques. Ainsi, Air France vient d'annoncer qu'elle envisageait de l'appliquer à ses vols court-courriers dès l'an prochain. Reste à convaincre les pilotes de la compagnie, sachant qu'une telle évolution se traduira inévitablement par des modifications dans leur manière de travailler (horaires allongés, notamment).

Arnaud de Blauwe

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