Etiquetage énergétique

L'information ne s'affiche pas !

Publié le : 15/09/2015 

C’est la rentrée… A l’heure où bon nombre de consommateurs envisagent en cette période de renouveler certains de leurs équipements électroménagers, voilà une bien triste nouvelle pour une consommation plus sobre en énergie : l’information, pourtant obligatoire, de la classe énergétique de nombreux équipements est aux abonnés absents !

En effet, l’UFC-Que Choisir a mené, en deux vagues (décembre 2013, décembre 2014/avril 2015), l’enquête sur 3400 produits dans le cadre d’un projet européen de surveillance des marchés par la société civile : MarketWatch ! Cette enquête souligne que la France est l’un des plus mauvais élèves européens avec 56% d’étiquetage non conforme, la moyenne européenne étant de 48%. Ce sont surtout les sites en ligne qui tirent les résultats vers le bas avec 10% seulement d’étiquettes conformes, contre 70% pour les magasins physiques. Dans les enseignes physiques, on doit dénoncer le fait qu’1 produit sur 5 n’affichait aucune étiquette, et même plus d’un sur 3 pour les fours. Et quand l’étiquette est présente, elle n’est pas pour autant conforme car soit invisible (à l’intérieur de l’appareil) soit illisible (en noir et blanc, voire non renseignée). Au final, plus d’un produit sur 4 en moyenne en magasin n’a pas la bonne étiquette énergie.

Cette absence est d’autant plus dommageable qu’il faut savoir que le poste qui explose le plus dans la facture d’électricité est bien celui lié à la consommation des appareils électroménagers (TV, réfrigérateurs, sèche-linge, congélateurs) qui a plus que doublé en 20 ans. D’où l’importance, quand on achète un équipement électroménager, de prêter attention à l’étiquette énergétique qui mentionne sa consommation. Pour parler concrètement, les réfrigérateurs et les congélateurs ayant la meilleure classe énergétique consomment 70 % d’électricité de moins que les appareils les plus énergivores dotés des mêmes options… C’est loin d’être anodin pour la facture. Il faut donc que les professionnels (fabricants et distributeurs) arrêtent de se renvoyer la balle et jouent le jeu de la transparence, mais aussi que les autorités de contrôle comme la DGCCRF continuent de réaliser, à côté de ceux de l’UFC-Que Choisir, des contrôles.

Mais au-delà de l’absence d’étiquetage, il faut également dénoncer l’obsolescence de la présentation de l’étiquette pour certains produits. En effet, avec les progrès technologiques, plutôt que de reclassifier dans l’échelle existante de A à G, la réglementation a créé des classes supplémentaires A+, A++, A+++. Pour certains appareils, comme les réfrigérateurs, les classes les plus mauvaises (C, D) ont disparu des rayons mais apparaissent toujours bel et bien sur l’étiquette. Résultat : et notre enquête le confirme, quand il choisit un réfrigérateur de classe A+, le consommateur, pensant faire un geste écologique, ignore acheter en réalité le plus énergivore !

Pour des étiquettes plus visibles et lisibles, l’UFC-Que Choisir ouvre le débat en organisant avec les institutionnels concernés une conférence jeudi prochain. Cette conférence doit permettre de discuter de manière constructive d’une réglementation plus stricte et pleinement effective. Je ne peux d’ailleurs que me féliciter que la Commission européenne ait proposé une Directive ambitieuse en ce sens. Elle crée une base de données unique, accessible à tous, pour simplifier l’affichage. Par ailleurs, la Commission entend enfin supprimer les classes supplémentaires A+, A++ et A +++, source de confusion et uniformiser l’étiquetage de classes A à G pour tous les produits qui sont obligés d’en porter un. Pour des étiquettes plus claires, il faut maintenant accélérer le calendrier européen, et l’UFC-Que Choisir mettra toute son énergie à cette fin.

Alain Bazot

Président de l'UFC - Que Choisir