Interdiction de la publicité Ô rage, ô désespoir…

Interdiction de la publicité

Ô rage, ô désespoir…

Publié le : 21/10/2020 

Dans un style qui n’a rien à envier à la célèbre tirade du Cid, les marques et géants de la communication se sont offert une tribune (d’onéreuses pleines pages de publicité dans plusieurs médias) pour déclamer une série d’alertes apocalyptiques pour s’opposer à « l’interdiction de la publicité » : impact sur l’emploi, sur l’économie dans son ensemble, infantilisation des Français… Il en irait même de « la pluralité du paysage médiatique et in fine de la démocratie… ». Rien de moins ! Quel sens de la caricature et de la dénaturation. En aucun cas, l’UFC-Que Choisir et les partisans d’un encadrement de la publicité n’entendent supprimer toute publicité mais de l’orienter en vue de promouvoir des produits plus vertueux. Les annonceurs brandissent la liberté de commercer et d’innover, faisant fi de l’enjeu majeur qui fonde toutes nos demandes : la santé publique des Français. Car oui, n’en déplaise aux auteurs qui feignent de l’ignorer : le lien entre publicité et habitudes de consommation des Français, particulièrement des plus jeunes, est étroit, avec de néfastes conséquences… Les produits les plus gras, salés et sucrés promus à la télé se retrouvent bel et bien dans les placards des Français. L’UFC-Que Choisir l’a démontré dans le domaine alimentaire, rejointe dans ce constat par Santé publique France. 

Selon les annonceurs, « la communication peut devenir le bras armé de la transition »… Nous ne disons pas autre chose, et voulons qu’aux paroles qui ne sont que de la communication, succèdent enfin, après des années d’autorégulation parfaitement inefficace, un marketing responsable, en phase avec l’impératif de consommer équilibré. Il ne s’agit donc pas d’interdire à telle ou telle marque les écrans, mais de l’obliger à promouvoir des produits aux impacts sanitaires ou environnementaux non négatifs. C’est un cercle vertueux qui a d’ailleurs pu produire ses effets à l’étranger. Oui, il est possible de concilier intérêt économique, sanitaire et environnemental, encore faut-il que le gouvernement le veuille. Continuons de nous mobiliser pour obtenir un assainissement du marketing. Signez notre pétition : obésité, éteignons la pub pour la malbouffe !

Alain Bazot

Président de l'UFC - Que Choisir