Permis de conduire

Après la mauvaise conduite, la mauvaise lecture…

Publié le : 26/10/2016 

L’étude de l’UFC-Que Choisir sur le permis de conduire en général, et le comportement des auto-écoles en particulier, n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions. Si ces réactions émanent largement de consommateurs venant appuyer de leurs expériences personnelles nos constats, certains professionnels des auto-écoles, et parfois leurs représentants professionnels, ont cru bon de porter un regard désapprobateur sur ces constats, ainsi que sur les demandes que nous formulons aux pouvoirs publics.

L’une des choses que j’ai pu lire ou entendre est que nos critiques viseraient l’ensemble des professionnels des auto-écoles. C’est bien entendu faux. Cela étant, est-ce excessif d’adopter l’emploi du pluriel en dénonçant les mauvaises pratiques des auto-écoles quand elles maintiennent majoritairement des distances de sécurité avec la réalité dans leurs communications vis-à-vis des consommateurs, ou avec la loi dans leurs pratiques tarifaires ? Est-ce abusif d’adopter l’emploi du pluriel quand 60 % des auto-écoles fournissent des informations inexactes sur les taux de réussite de leurs candidats ? Est-ce abusif d’employer le pluriel quand plus de 50 % des auto-écoles surfacturent les frais d’accompagnement à l’examen du « code » ? Pour moi non.

Les abus, ce sont incontestablement les auto-écoles qui les pratiquent, et parfois sans limites. Notre étude met à cet égard l’accent sur quelques cas symptomatiques. Mais au-delà des comportements que nous mettons en lumière, j’ai été frappé par les exemples que des journalistes ont évoqués dans leurs articles ou chroniques relayant notre étude. Une journaliste d’une radio allant interviewer une gérante d’auto-école s’est par exemple entendu dire (et nous avons une preuve par le son) que cette auto-école annonçait à ses apprentis conducteurs un délai d’attente de 2 mois pour repasser l’examen de conduite, mais que ce délai pouvait être réduit à 15 jours… contre un paiement de 1 500 euros. Un scandale, ni plus, ni moins.

Même si cette pratique est minoritaire – je veux bien le croire –, qui peut sérieusement refuser qu’une mesure structurante (l’inscription directe des candidats auprès du centre d’examen) s’applique à l’ensemble de la profession pour empêcher ces intolérables dérives ?

Alain Bazot

Président de l'UFC - Que Choisir