Auto-école Choisir son école de conduite

Auto-école

Choisir son école de conduite

La sécurité routière centralise les résultats de plus de 12 700 écoles de conduite en France. Réparties sur l’ensemble du territoire, elles accueillent un nombre très variable de candidats et offrent des prestations parfois diverses. Le choix d’une auto-école est primordial pour se sentir à l’aise lors de la formation et pour éviter les mauvaises surprises.

 

Au moment de choisir son auto-école, beaucoup s’arrêtent au critère de la proximité. Or, bien choisir son auto-école est déjà un premier pas vers l’examen du permis. Les conditions d’apprentissage, le nombre de moniteurs, les éventuelles particularités de la formation sont à prendre en considération.

Cartographie des écoles de conduite

Les 12 700 écoles de conduite françaises sont réparties sur l’ensemble du territoire. Dans la plupart des régions, on dénombre une école pour 90 à 120 candidats. Quelques régions font exception et sont dotées de moins d’établissements, comme la Corse (1 école pour 161 candidats), la Guyane (1 pour 223) ou dans une moindre mesure l’Alsace (1 pour 143) et la Lorraine (1 pour 124).

Les auto-écoles accueillent un nombre très variable de candidats. Les petites auto-écoles (qui présentent moins de 100 candidats au permis B par an) représentent 52 % des établissements ; les auto-écoles de taille intermédiaire (100 à 200 candidats) un tiers ; les grosses structures (plus de 200 inscrits) représentent 15 %.

Un agrément obligatoire

Le premier point à vérifier lors du choix d’une auto-école est la présence (obligatoire en vitrine et sur toute documentation) de son numéro d’agrément. Délivré pour 5 ans par le préfet du département, cet agrément garanti qu'un certain nombre d'obligations sont respectées (taille des locaux, nombre d’élèves maximum au regard du nombre d’enseignants, etc.).

Certaines auto-écoles disposent, en plus de l’agrément obligatoire, d’une convention leur permettant de proposer à leurs élèves le dispositif « Permis à 1 € par jour », qui permet au jeune de bénéficier d’une facilité de paiement. Les écoles de conduite adhérentes à l’opération doivent souscrire à une charte de qualité de la formation et à une garantie financière obligatoire. C’est donc un gage supplémentaire de sérieux.

Le taux de réussite : pas un indicateur absolu

Le taux de réussite est un bon indicateur de la qualité de l’enseignement dispensé, mais à condition de comparer les auto-écoles situées dans la même zone géographique. Il n’y a en effet aucune raison socio-économique à ce que deux auto-écoles situées dans le même secteur aient des résultats radicalement différents. En 2014, le taux de réussite médian était de 60 %, c’est-à-dire que la moitié des auto-écoles affichent un taux supérieur, et l’autre un taux inférieur. 20 % des auto-écoles affichaient des taux de réussite supérieurs à 69 %, et 10 % des taux inférieurs à 46 %.

Mais attention, pour maintenir un taux de réussite très élevé, certaines auto-écoles forcent leurs élèves à prendre un très grand nombre d’heures de leçons. L’idéal serait de connaître à la fois le taux de réussite de l’établissement et le nombre d’heures dispensées aux élèves en moyenne, mais cela est malheureusement impossible. Pis, pour ne pas voir leur taux de réussite diminuer, certaines écoles incitent leurs élèves les plus mauvais à passer l’épreuve pratique en candidat libre, voire refusent de prendre en charge certains candidats (élèves ayant raté leur permis dans une autre auto-école, personnes âgées sans expérience de la conduite, etc.).

Il est donc important de vérifier le taux de réussite, mais sans en faire l’unique critère de sélection d’une auto-école. Les taux sont disponibles en préfecture ou sur notre carte interactive, qui compare les écoles avec le taux de réussite moyen de leur département.

Des tarifs très variés

Les tarifs des écoles de conduite sont libres et varient sensiblement d’un établissement à l’autre. Légalement, les auto-écoles sont tenues d’afficher en vitrine le prix de leur forfait le plus pratiqué (en général, 20 heures), mais nos relevés montrent qu’un établissement sur cinq ne le fait pas.

Les prestations incluses dans le forfait ne sont pas uniformisées, ce qui est dommage et rend la comparaison difficile. En effet, le forfait peut comprendre des prestations supplémentaires (conduite de nuit, comment réaliser un constat, etc.) ou omettre des coûts que le candidat devra assumer. Par ailleurs, la durée des leçons peut varier, un écart de 10 minutes sur la durée d’un cours ayant de véritables conséquences sur l’apprentissage.

De nombreux forfaits ne comprennent pas l’intégralité des prestations obligatoires pour obtenir le permis de conduire : les auto-écoles préfèrent bien souvent présenter un prix « choc » et attractif en omettant sciemment d’y inclure les frais de dossiers ou l’accompagnement à l’examen pratique. Il convient donc d’analyser chaque forfait en prêtant attention aux astérisques et aux petites clauses dissimulées çà et là. Au moment de choisir votre établissement, pensez à inclure dans votre calcul le forfait code, incluant les cours et le passage de l’examen, et la formule de conduite de 20 heures, en y incluant l’heure d’évaluation ainsi que les frais liés à l’examen pratique.

Selon nos relevés, le prix moyen d’un forfait de 20 h est de 1 155 €. Il connaît cependant de fortes disparités d’un département à l’autre : de 837 € en moyenne dans le Nord à 1 518 € dans les Yvelines.

Le prix moyen de la séance supplémentaire de conduite s’élève à 43 €. Nous avons là aussi noté des disparités sensibles : le prix de l’heure de conduite est en moyenne de 35 € en Corse, tandis qu’il est de 57 € dans les Hauts-de-Seine.

Avec la formation classique, il faut en moyenne 35 heures pour décrocher son permis. Au moment de choisir son école de conduite, il est donc important de vérifier à la fois le coût du forfait et celui de l’heure hors forfait. Un établissement peut très bien attirer le chaland avec un forfait peu onéreux, puis se rattraper avec les heures prises au-delà.

Les pièges à éviter

- La durée de validité des forfaits est parfois trop courte. Nous avons relevé des forfaits d’une durée de validité de deux ou trois mois. Passé ce délai, l’élève devra payer des frais, voire renouveler intégralement son contrat. Vigilance donc, car le délai de validité n’est pas toujours très clairement indiqué.

- En cas de passage d’une auto-école à l’autre – par exemple après un déménagement –, sachez que les frais de transfert sont officiellement interdits. Il peut toutefois exister des « frais de dédits », si vous vous êtes engagé dans un forfait mais décidez de quitter l’auto-école sans l’avoir achevé.

- L’heure d’évaluation est la plupart du temps comprise dans le forfait. Cette heure n’est pas un engagement, seulement un essai, et le candidat est libre de changer d’auto-école à son issue.

- La facturation de prestations inutiles. Par exemple, l’accompagnement au code est souvent automatiquement intégré au forfait, même si l’élève décide de s’y rendre par ses propres moyens. Dans certains cas, il a même été observé des facturations pour deux examens, quand bien même le premier serait couronné de succès…

Les questions à (se) poser

- Vous sentez-vous à l’aise dans les locaux de l’école de conduite ? Vous allez y passer de nombreuses heures lors de votre apprentissage, c’est donc un critère important !

- Si lors de votre premier passage une secrétaire vous reçoit, demandez un entretien avec le moniteur : vous devez également être à l’aise avec lui et il doit être capable de répondre à vos questions ou à vos hésitations.

- Vérifiez les horaires d’ouverture de l’établissement, les horaires des séances de code et ceux des heures de conduite : ils doivent être compatibles avec vos disponibilités.

- Demandez comment s’effectue l’apprentissage du code de la route. Un responsable pédagogique est-il toujours présent lors des séances pour répondre à vos interrogations ? Un accompagnement complémentaire sur Internet est-il proposé ?

- Concernant l’apprentissage de la conduite, demandez combien d’heures de cours par semaine il est possible de réaliser. Un enseignement trop étalé dans le temps (avec moins de 2 ou 3 heures par semaine) rend l’apprentissage plus long et difficile. Autres questions pertinentes : l’élève est-il toujours suivi par le même moniteur ? Quelle est la durée moyenne de la formation ? L’heure d’évaluation est-elle réalisée dans un vrai véhicule (et non un simulateur) ?

- Le moniteur a-t-il la possibilité de venir vous chercher/de vous déposer à votre domicile ? Cette possibilité est pratique, mais doit rester occasionnelle : la zone géographique où vous vivez n’est pas forcément adaptée aux objectifs de chaque leçon.

- Les leçons de conduite sont-elles individuelles ou partagées ? Avec deux ou trois élèves dans la voiture, il est possible de pratiquer des cours plus longs, et donc d’explorer de nouvelles zones tout en profitant des remarques effectuées par le moniteur aux autres élèves. Mais ces cours peuvent aussi mettre certains élèves mal à l’aise. De plus, ils ne doivent pas être l’occasion pour l’auto-école de facturer plus cher les leçons individuelles.

- Quels sont les délais moyens de présentation au code et à l’épreuve de conduite ?

- La formation peut-elle être payée sous forme d’acomptes ? Il serait dommage d’avoir payé sa formation dans son intégralité et de devoir déménager… ou voir l’auto-école faire faillite.

- Quels sont les véhicules utilisés pour l’apprentissage ? Les écoles de conduite doivent utiliser des voitures mises en circulation depuis moins de 6 ans. Mais, faute de contrôles, certaines passent outre cette règle.