Compteurs Linky Dysfonctionnements, risques... Vos questions, nos réponses

Compteurs Linky

Dysfonctionnements, risques... Vos questions, nos réponses

Publié le : 26/09/2017 

Vos témoignages reçus en réponse à notre questionnaire destiné aux ménages équipés d’un compteur Linky ont fait émerger des problèmes récurrents, tels que compteur qui disjoncte, appareils en panne et autres dysfonctionnements électriques. Nos réponses et nos conseils au cas par cas.

 

Le compteur disjoncte à tout bout de champ

« Dès que je fais fonctionner plusieurs appareils en même temps, le nouveau compteur disjoncte. Je suis obligé de le réenclencher régulièrement, ce qui n’était jamais arrivé avant. »

Ce problème semble fréquent quand on a un « délesteur » (boîtier qui gère l’alimentation électrique des appareils pour ne pas dépasser la puissance donnée) : Linky ne le reconnaît pas. C’est lié à un mauvais câblage lors de l’installation. Et la pose est plus complexe s’il y a un délesteur. Avant d’augmenter votre puissance d’abonnement, exigez qu’un technicien confirmé vienne vérifier le câblage, il est sans doute défectueux. Le compteur qui disjoncte peut aussi être lié à la tolérance des modèles classiques, ceux que l’on remplace. Avant Linky, le disjoncteur pouvait être réglé généreusement. Il permettait donc de consommer au-delà de sa puissance d’abonnement. Avec Linky, c’est fini. Que Choisir conseille de décaler le fonctionnement de certains appareils pour qu’ils ne soient pas tous en marche en même temps. C’est assez facile et on évite un surcoût d’abonnement. Ajoutons que le changement de puissance doit se faire gratuitement l’année suivant la pose du compteur. Enedis n’est pas autorisé à vous prélever les 35 € qui vous sont parfois réclamés. Si c’est le cas, exigez d’être remboursé !

 

Les lampes tactiles s’allument n’importe quand

« Mes lampes tactiles s’allument toutes seules et n’importe quand depuis qu’on m’a installé Linky. J’ai dû les débrancher et acheter des lampes classiques pour les remplacer. »

Enedis a d’abord accusé les lampes. « Linky utilise une bande de fréquences réservée il y a une dizaine d’années, tous les constructeurs connaissent la répartition des gammes de fréquences et doivent respecter celles qui leur sont attribuées. Le problème, c’est que certaines lampes tactiles ne sont pas bornées dans leur bande de fréquences. Elles ne sont pas conformes, elles devraient être insensibles au signal Linky », nous répondait le gestionnaire de réseau à l’automne 2016. Depuis, sa position a évolué. Enedis admet que « des lampes tactiles conformes aux normes présentent une sensibilité particulière et inattendue aux fréquences de la bande réservée à Linky ». Demandez le remboursement de vos lampes tactiles à Enedis si elles fonctionnent mal. N’oubliez pas de joindre une preuve d’achat : facture, ticket de carte bancaire…

 

La box Internet connaît des bugs

« Notre box marchait parfaitement mais, depuis qu’on nous a posé le compteur Linky, elle fonctionne de façon ­intermittente. Le service clients d’Enedis nous invite à nous assurer que nous disposons d’un équipement de dernière génération répondant aux normes en vigueur. Nous sommes scandalisés. »

Enedis a mené des expertises et n’a trouvé aucun lien entre le courant porteur en ligne (CPL) de Linky et la perturbation des box. C’est d’ailleurs logique puisque le CPL haut débit de ces dernières ne correspond pas du tout à la bande de fréquences du compteur. Le problème vient de la mise hors tension sans ménagement : la réinitialisation ne se fait pas correctement. Même si Enedis a raison d’affirmer que ce n’est pas une perturbation due au fonctionnement de Linky, c’est bel et bien un problème provoqué par la pose de son compteur. Le gestionnaire de réseau en est pleinement responsable, bien qu’il le nie.

 

Le chauffe-eau électrique fonctionne en heures pleines

« Après le changement de compteur, je n’avais plus d’eau chaude. J’ai dû mettre mon cumulus en marche forcée. Cela me coûte beaucoup plus cher. »

Cumulus qui ne ­fonctionnent plus, ou plus en heures creuses : la cause est à rechercher du côté du mauvais câblage à la pose du compteur ou d’un souci interne au compteur. Entre mauvais branchement, câble qui pilote le chauffe-eau pas raccordé (ou mal), contacteur HP/HC (heures pleines/heures creuses) détérioré par un câblage défectueux, ou encore bug dans le paramétrage du compteur, dans tous les cas, Enedis est responsable. Demandez l’envoi de ­techniciens expérimentés pour qu’ils trouvent la solution, de même qu’un dédommagement pour le surcoût de votre facture d’électricité.

 

Le téléviseur se met en route tout seul

« Depuis qu’on nous a installé le nouveau compteur, il arrive que la télé s’éteigne en cours d’émission ou qu’elle s’allume toute seule. Nous allons finir par croire aux fantômes. »

Enedis attribue le dysfonctionnement à la remise sous tension qui ne s’est pas bien passée. Au-delà des téléviseurs, de nombreux problèmes sont liés à la coupure qui n’a pas été bien faite, assure Enedis. Qui fait même le parallèle avec les perturbations causées par les orages et les tempêtes pour se dédouaner de toute responsabilité. Sauf que l’orage et la tempête sont des ­phénomènes naturels, pas la pose du compteur Linky ! Il est en effet imposé aux consommateurs en remplacement d’un matériel qui ne leur causait pas le moindre souci, sans qu’ils aient jamais demandé son changement. La responsabilité d’Enedis est par conséquent pleine et entière. En dépit de son refus de l’assumer.

 

Les appareils en panne

« Mon congélateur marchait parfaitement, il n’est pas reparti après l’installation du nouveau compteur. La réparation m’a coûté 306 €. »

Congélateurs, hottes aspirantes de cuisine, portes de garage, etc., qui refusent obstinément de se remettre en marche, c’est loin d’être rare. Leurs cartes électroniques ou leurs moteurs ont grillé. Enedis s’en tient à un refus de la prise en charge, toutes les victimes reçoivent la même fin de non-recevoir : « Le lien de causalité n’est pas démontré. » Car pour ses experts, « il est évident que statistiquement, des appareils tombent en panne peu après la pose du compteur sans qu’il y ait de lien ». Sans doute. Mais lorsqu’un équipement ne redémarre pas à la remise du courant, c’est lié à l’interruption volontaire provoquée par la pose du compteur Linky, pas à des intempéries. Il est inadmissible qu’Enedis s’en dédouane.

 

Le coffrage ne ferme plus

« Le compteur se trouve dans l’entrée de mon ­appartement, dans un coffret fermé par une porte. L’installateur l’a remplacé par le Linky. Il a constaté comme moi que la porte ne fermait plus, mais il a refusé de reposer l’autre compteur. »

Ce problème concerne les compteurs électroniques qui sont moins épais que le nouveau compteur Linky. Or, les coffrages ont souvent été conçus pour leur format, surtout dans les immeubles et les pavillons assez récents. Linky ne peut pas s’y loger mais les intervenants ont pour consigne de l’installer quand même. Ne les laissez pas faire. Si votre coffrage correspond tout juste au format de votre compteur ­électronique, refusez le changement. Si le compteur électronique est placé dans votre intérieur, il y va de l’esthétique de votre logement mais aussi, et surtout, du risque d’accident. Enedis dit travailler sur des supports plus minces qui compenseront l’épaisseur du Linky. Attendez que le poseur vous le montre avant d’accepter le remplacement de votre compteur électronique.

 

Le relevé de compteur n’est pas automatique

« Équipée d’un compteur électronique, je ne m’occupais jamais de mes relevés, ils se faisaient de l’extérieur. Mais depuis qu’Enedis l’a remplacé par un Linky, je ne suis facturée que sur des estimations, c’est ridicule. »

Un non-sens absolu ! Cette consommatrice est loin d’être la seule à s’en plaindre. D’après notre enquête, 30 % des ménages équipés d’un compteur Linky doivent encore faire leur autorelevé ou sont toujours facturés sur des estimations. Il y en a même qui reçoivent un avis de passage d’un releveur, celui-ci faisant le déplacement en chair et en os ! Et dire que Linky devait faciliter le relevé de compteur. « Il s’effectuera à distance, vous serez facturé sur la base de votre relevé », promettait Enedis. C’était d’ailleurs le seul mini-intérêt de Linky pour les particuliers. Or, il n’est même pas tenu. « On a installé en diffus et on déploie parfois les compteurs avant les concentrateurs. Le décalage va se résorber petit à petit, tous les compteurs deviendront communicants à terme », se défend Enedis. Une réponse qui en dit long sur le peu de considération du gestionnaire de réseau envers les usagers…

 

Les volets roulants ne remontent plus

« Depuis qu’on a le compteur Linky, les volets roulants fonctionnent comme ils veulent : on donne dans le paranormal. »

Enedis admet que le problème peut être causé par le courant porteur en ligne (CPL) de son compteur. « Il arrive que la domotique un peu ancienne utilise des bandes de fréquences très proches de celle de Linky, ce sont des cas complexes, assure Enedis. Nous essayons de les régler en proposant une solution radio à la place du CPL. Nous traitons ces soucis de domotique au cas par cas. » C’est bien sûr Enedis qui doit assurer la prise en charge des modules radio puisque les problèmes sont liés à la pose de son compteur. Si ça ne va pas de soi, insistez. Si vous n’avez pas été contacté alors que vous êtes victime d’un problème de domotique (volets roulants, porte de garage, portail ou autre) depuis le changement de compteur, relancez Enedis.

 

Gare à l’erreur du point de livraison

« J’ai constaté un triplement de ma consommation à la réception de la facture qui a suivi la pose du compteur Linky. J’ai appelé Enedis, qui m’a dit ne rien pouvoir faire. Il a fallu que j’enquête moi-même pour découvrir l’origine du problème : une erreur dans mon numéro de point de livraison ! C’est seulement 6 mois plus tard ­qu’Enedis m’a réattribué le bon. »

Heureusement que cette copropriétaire a persévéré. En faisant défiler les données sur son compteur, elle a vu s’afficher un numéro de PRM (point référence mesure). En cherchant sur Internet, elle a découvert que PRM et PDL (point de livraison), c’était la même chose. Elle a donc comparé son numéro de PDL, qui figure sur les factures d’électricité, au numéro de PRM inscrit sur son ­nouveau compteur… et ce n’était pas le même. Le technicien qui a posé Linky lui avait attribué le PDL d’un autre appartement ! Au-delà de la faute initiale, il est inadmissible que ce soit à l’usager de réparer les erreurs d’Enedis. Mais puisque le gestionnaire du réseau laisse les factures des usagers exploser sans s’interroger sur l’installation de ses compteurs, faites son travail : comparez le PDL de votre facture au PRM de votre compteur Linky en cas de ­surfacturation consécutive à sa pose. Si ce n’est pas le même, contactez Enedis pour rectification et exigez le remboursement du trop facturé.

 

Les ondes électromagnétiques

« Les collectifs anti-Linky parlent beaucoup du danger des ondes électromagnétiques. Que faut-il penser des risques sanitaires liés au compteur Linky ? »

Très attendue tant les ondes électromagnétiques suscitent d’inquiétudes, l’expertise de l’Anses (Agence nationale de la sécurité sanitaire, de l’alimentation, de ­l’environnement et du travail) sur les effets sanitaires potentiels des compteurs communicants Linky est parue en décembre dernier. L’Agence a conclu « à une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants, dans la configuration de déploiement actuelle, engendre des effets sanitaires à court ou long terme ». Ses experts précisant que « les compteurs Linky sont à l’origine d’une exposition comparable à celle d’autres équipements électriques déjà utilisés dans les foyers depuis de nombreuses années ». L’Anses est revenue sur le sujet en juin avec les résultats d’une campagne de mesures en situation réelle qu’elle avait commandée au CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment). « Les résultats de cette campagne mettent en évidence des durées d’exposition plus longues que prévu au domicile, sans pour autant que les niveaux de champ électromagnétique soient plus élevés », souligne l’Anses dans son avis révisé, qui ne modifie pas les conclusions du précédent. Les mesures du CSTB prouvent que le compteur Linky est plus émissif que les compteurs classiques, contrairement aux affirmations d’Enedis, mais surtout que le nombre de communications CPL dans les logements est bien plus élevé qu’attendu, Enedis ayant toujours prétendu que le compteur ne communiquait que quelques secondes par CPL la nuit. Cependant, les niveaux d’exposition restent très faibles. Ils sont comparables à ceux des équipements électriques domestiques : lampes fluo compactes et LED, chargeurs de portables et d’autres appareils, blocs d’alimentation, écrans d’ordinateurs…

 

Les incendies

« Un des fils, mal branché, a chauffé, le disjoncteur a fondu, ça sentait le brûlé dans toute la maison. On a flippé grave avec les enfants ! »

Deux seuls cas d’incendie, celui-ci compris, nous ont été signalés. C’est bien sûr trop mais ça reste rare, contrairement à ce que colportent certains sites anti-Linky, qui n’hésitent pas à attribuer tous les incendies impliquant un compteur électrique à Linky ou à divulguer des vidéos d’incendies ayant eu lieu en Amérique du Nord.

 

Les données personnelles

« Ce compteur communicant donne libre accès à des données strictement confidentielles, la vie privée se trouve bafouée. Que faites-vous contre cette absence de protection ? »

La Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) s’est emparée de ce problème du recueil de vos données personnelles par les compteurs communicants dès 2012. Elle a strictement encadré leur collecte, jugeant qu’« une analyse approfondie des courbes de consommation pourrait permettre de déduire un grand nombre d’informations sur les habitudes de vie des occupants d’une habitation : heures de lever et de coucher, heures ou périodes d’absence, la présence d’invités dans le logement, les prises de douches, etc. ». Le compteur Linky mesure en effet l’évolution de votre ­consommation, jusqu’à toutes les dix minutes. Il s’agit de la courbe de charge en jargon spécialisé. Et elle présente un vrai risque d’intrusion dans votre vie privée. C’est ce que la Cnil a bordé. Enedis n’est pas autorisé à utiliser ces données-là. Il lui est également interdit de les transmettre à des tiers. Vos données de consommation vous appartiennent, rien ne peut se faire sans votre accord… qui doit être explicite. L’UFC-Que Choisir travaille d’ailleurs toujours activement au maintien de cette protection des données personnelles, la réglementation sur le sujet pouvant évoluer. Rien ne change, en revanche, pour les relevés de consommation. Les index mensuels remontent, en principe automatiquement avec Linky. Cependant, ils ne permettent pas plus qu’avant (relevés manuels ou auto-relevés transmis) de connaître vos habitudes.

 

La caméra espion

« Vous n’avez jamais parlé de la minicaméra insérée dans le compteur Linky. Pourquoi ? »

La vidéo « compteur Linky, compteur espion » semble avoir marqué les esprits. Humoristique, elle a parfois été prise au sérieux. Surtout, elle a été récupérée par les militants anti-Linky, qui n’hésitent pas à multiplier les contre-vérités pour effrayer les usagers et les rallier à leur cause. Mais Que Choisir est formel, il n’existe pas de caméra espion ni même de caméra tout court sur le compteur Linky. Ce que la vidéo présentait comme une caméra est une simple diode qui clignote quand on consomme de l’électricité.

 

Les stimulateurs cardiaques

« Les chirurgiens qui m’ont posé un stimulateur cardiaque m’ont mis en garde contre les plaques à induction. Qu’en est-il du compteur Linky ? » Autre question proche : « Le CHU m’a appelé : les données du défibrillateur ne passent plus depuis qu’on m’a posé un compteur Linky. »

Nous avons consulté le DNicolas Badenco, cardiologue spécialisé en rythmologie dans le suivi des patients porteurs de pacemakers et de défibrillateurs à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. « Lorsque j’ai des patients porteurs de défibrillateurs ou de pacemakers dont ils sont dépendants en permanence, explique-t-il, je leur déconseille les plaques à induction, car il existe un risque d’interférences électromagnétiques quand on se penche au-dessus pour cuisiner. On n’a pas ce problème avec le compteur Linky. Il émet moins que les plaques à induction et on ne vit pas collé à lui. En aucun cas je ne le contre-indique. La seule consigne que je peux donner est de ne pas approcher son boîtier de pacemaker à moins de 20 cm du compteur. » « Concernant les problèmes de transmission des données des défibrillateurs pour les patients suivis à distance par télécardiologie, ajoute le DBadenco, les boîtiers transmetteurs étant placés dans la chambre, je ne crois pas aux interférences du compteur. En outre, des problèmes techniques de transmission, nous en rencontrons fréquemment. »

Notre enquête

Notre questionnaire, vos réponses

Plus de 2 000 internautes équipés d’un compteur Linky ont répondu à notre questionnaire de façon détaillée et argumentée dans les 48 heures qui ont suivi son envoi sur notre newsletter électronique (pour 80 % d’entre eux, dès le premier soir). Nous avons écarté plus de 4 700 autres réponses non exploitables, ces participants n’étant manifestement pas encore équipés ! Néanmoins, ces 6 746 réponses en si peu de temps témoignent des interrogations que suscite ce nouveau compteur. En s’en tenant aux 2 012 internautes équipés, on peut qualifier le bilan de mauvais, pour ne pas dire désastreux.

Le profil des participants

  • 70 % habitent en maison ­individuelle, 30 % en appartement. 
  • 56 % ont un abonnement de base, 44 % un abonnement heures pleines/heures creuses.
  • 48 % ont un abonnement 6 kVA, 27 % sont en 9 kVA, 11 % en 12 kVA.
  • 50 % ont leur compteur à l’intérieur du logement, 50 % à l’extérieur.

Les problèmes provoqués par le compteur Linky

► 26 % des répondants subissent au moins un dysfonctionnement

  • 12 % ont la porte de leur coffrage électrique qui ne ferme plus.
  • 11 % ont un compteur qui disjoncte plus souvent.

► Ce pourcentage monte à 23 % pour les abonnés en 3 kVA.

  • 9 % ont des lampes, de la domotique, un téléviseur ou un appareil électroménager qui ne fonctionne plus correctement.
  • 8 % sont confrontés à des problèmes de box Internet.
  • 6 % ont un chauffe-eau électrique ne fonctionnant plus normalement.
  • 6 % ont un appareil définitivement hors d’usage.
  • 5 % ont dû changer des pièces sur au moins un équipement électrique.

Élisabeth Chesnais

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Grégory Caret

Observatoire de la consommation

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