Internet fixe Enfin les vrais débits

Internet fixe

Enfin les vrais débits

Publié le : 24/04/2018 

Qui n’a jamais pesté devant son ordinateur à cause d’une connexion trop faible ? Alors que les Français sont nombreux à se plaindre de la qualité de leur accès à Internet, l’UFC-Que Choisir lance son propre observatoire des débits fixes. Une première dans le genre.

 

Surfer sur Internet, regarder la télévision en haute définition, jouer en ligne, mais également écouter de la musique en streaming, échanger des fichiers, communiquer en vidéo, regarder des films à la demande, stocker ses photos dans le cloud… les services mis en avant par les opérateurs du Web dans leurs publicités ont de quoi faire saliver. Mais pour en bénéficier, encore faut-il disposer d’une connexion digne de ce nom. Alors que les fournisseurs d’accès à Internet (FAI) n’hésitent pas à promettre 20, 100, voire 200 mégabits par seconde (Mbps) ou encore plus avec la fibre, dans la réalité, on est souvent très loin d’atteindre ces sommets. En septembre dernier, dans une étude sur l’état de l’Internet en France, l’UFC-Que Choisir révélait que plus d’un foyer sur cinq disposait en fait d’un débit inférieur à 8 mégabits par seconde et 10,4 % d’un débit de moins de 3 mégabits par seconde. Avec des débits aussi faibles, le consommateur peut toujours espérer accéder au replay ou à la VOD, jouer en ligne ou utiliser un logiciel de messagerie vidéo comme Skype. Et encore, pas en même temps ! Mais dans la plupart des cas, il sera obligé de se contenter de visionner ses vidéos Youtube en basse définition, de se connecter à Internet à tour de rôle et de passer par la TNT pour regarder les programmes de TF1 ou encore de France 2.

 

Un débit réel au ras des pâquerettes

Si les abonnés bénéficiant de débits si faibles ont de vraies raisons de ne pas être contents, ils ne sont pas les seuls à se plaindre de cette situation. Parmi ceux qui disposent d’un débit supérieur à 8 Mbps, bon nombre déplorent aussi les performances insuffisantes de leur connexion. Cette colère est d’autant plus compréhensible qu’à eux aussi l’opérateur avait fait miroiter, au moment de la souscription du contrat, un débit plus élevé. Ces chiffres fournis par les opérateurs correspondent en fait à des débits maximums qui, en réalité, sont bien rarement atteints. Lorsque le logement est connecté par la ligne téléphonique (ADSL ou VDSL) et qu’il se trouve loin du central téléphonique, le débit vraiment obtenu peut être nettement inférieur. Ainsi, il n’est pas rare qu’un abonné à qui son opérateur avait promis « jusqu’à 8 Mbps » doive finalement se contenter de 3 ou 4 Mbps, alors qu’un autre habitant de la commune bénéficie, lui, de 6 ou 7 Mbps. La qualité des équipements mis en place par l’opérateur joue également sur le débit disponible. En fonction de la manière dont celui-ci a relié le central téléphonique à son réseau et des équipements qu’il a installés dans le répartiteur, certains clients profitent d’un débit correct à tout moment de la journée, alors que d’autres voient désespérément leur débit chuter le soir et le week-end, quand tout le monde se connecte. Le débit réel dépend, enfin, de l’installation elle-même au domicile de l’abonné. En fonction du positionnement de la box, de la configuration des lieux ou de la présence ou non d’éléments perturbateurs, le débit peut aussi varier considérablement (voir nos conseils pour booster son débit Internet).

 

Peu de données fiables aujourd’hui

Aussi étonnant que cela puisse paraître, il existe, à ce jour, peu de données fiables sur les débits réels. Certes, grâce aux speedtests disponibles sur Internet, chacun peut savoir de quel débit il dispose à un instant T. En publiant sur leurs sites Internet les résultats de ces tests, des sociétés comme Nperf offrent à tout un chacun la possibilité de se faire une idée du débit qu’il peut espérer avoir chez lui. L’ennui, c’est que ces données sont limitées (elles ne reprennent généralement que le débit montant, le débit descendant et le temps de latence) et, surtout, elles ne permettent pas, faute d’être représentatives de la population, de tirer des conclusions générales sur le débit réel en France. De son côté, le service de vidéo en ligne Netflix publie régulièrement un classement des opérateurs en fonction des débits constatés. Mais, là aussi, l’intérêt est limité dans la mesure où ces données s’appuient sur le flux vidéo Netflix (et pas le flux général) et que, de facto, elles excluent de leur comptage les foyers ne disposant pas d’un accès Internet suffisant pour visionner les programmes de Netflix.

 

L’UFC-Que Choisir prend les choses en main

Face à ce désert, l’UFC-Que Choisir a décidé de prendre les choses en main et de lancer son propre observatoire des débits de l’Internet fixe, avec une méthodologie inédite, qui lui est propre, basée sur un panel représentatif de la population. À terme, cet outil permettra de collecter des données fiables sur les débits dont bénéficient réellement les internautes français et de ne plus nous fier aux données fournies par les opérateurs. Cet observatoire nous donnera aussi la possibilité d’évaluer les écarts de débit entre les différents opérateurs, entre les technologies, mais aussi entre les villes et les campagnes. Disposer de telles informations est d’autant plus précieux que le débit Internet est plus que jamais devenu un enjeu majeur. Alors que l’État oblige les administrés à passer par Internet pour effectuer certaines démarches, alors que le nombre d’ordinateurs, de smartphones et de tablettes ne cesse d’augmenter, que le marché des objets connectés explose et que des services de plus en plus gourmands en bande passante apparaissent, la qualité de la connexion Internet est désormais un enjeu national. La généralisation de la fibre optique permettrait de résoudre ce problème. Mais même si son déploiement s’accélère, il va falloir faire preuve de patience. L’objectif du plan France très haut débit de connecter 80 % des foyers en fibre optique d’ici à 2022 ne sera pas atteint.

11,4 Mbps : véritable débit par la ligne téléphonique selon nos tests *

C’est le débit dont bénéficient les abonnés recevant Internet par la ligne téléphonique (via l’ADSL ou le VDSL). On est loin des 80 Mbps que permet en théorie le VDSL2 ! Sans surprise, les habitants des villes de plus de 30 000 habitants sont mieux lotis que ceux des communes de moins de 3 000 habitants (12,6 Mbps contre 9,9 Mbps en moyenne). Notre observatoire montre également que les abonnés Free (12,1 Mbps) et Orange (11,7 Mbps) profitent, globalement, d’un meilleur débit que ceux de Bouygues Télécom (9,5 Mbps) et de SFR (8,6 Mbps).

137 Mbps : véritable débit par la fibre ou le câble selon nos tests *

Fibre ou câble, avec le très haut débit (THD), ça fuse ! Pour autant, tous les abonnés au THD ne sont pas logés à la même enseigne. Nos relevés montrent que les habitants des grandes villes bénéficient en moyenne d’un débit deux, voire trois fois supérieur à celui des zones reculées. Ces écarts s’expliquent par les différences d’offre (le débit promis n’est pas toujours le même en fonction de la zone dans laquelle on habite) et de technologie (le câble de SFR est plus présent que la fibre dans les petites villes). De tous les opérateurs, Orange propose le meilleur débit THD.

* Moyennes au 15 mars 2017 sur la base de 801 testeurs.

 

Aussi parlantes soient-elles, les données ci-dessus doivent être prises avec précaution. Notre panel, constitué pour l’heure de 801 testeurs, n’est pas suffisamment large pour être parfaitement représentatif. Alors, n’hésitez pas à nous rejoindre. Pour cela, c’est très simple. Il vous suffit de remplir le formulaire en indiquant notamment votre lieu de résidence, le nom de votre opérateur et la technologie grâce à laquelle vous recevez Internet (ADSL, fibre optique, câble, etc.). Si votre profil fait partie de ceux qui nous manquent, vous recevrez, dans les semaines qui suivent, un lien grâce auquel vous pourrez télécharger un petit logiciel. Une fois installé, celui-ci effectuera régulièrement des tests destinés à mesurer vos débits montant et descendant, votre latence, le temps que met votre ordinateur à lancer une vidéo ou à charger une page Internet, etc. Ces données seront transmises de manière anonyme à notre prestataire technique. Si vous le souhaitez, vous pourrez accéder aux relevés qui vous concernent. Une fois regroupées et traitées, ces précieuses données nous permettront de faire un état des lieux précis de l’état de l’Internet fixe en France, en tenant compte non pas de chiffres théoriques fournis par les opérateurs, comme c’est le cas aujourd’hui, mais des débits réels dont bénéficient les abonnés. Plus nous serons nombreux, moins nos données pourront être contestées par les opérateurs.

C.B., avec Antoine Autier, du département Études de l'UFC-Que Choisir

Débit

La France à la traîne 

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Internet

Les étapes d’une course de vitesse

Les étapes d’une course de vitesse

Glossaire

Débit descendant

Il indique la quantité de données que votre connexion peut recevoir en une seconde. Plus il est élevé, plus vite s’affichent les pages Internet, se lancent les vidéos ou se téléchargent les fichiers.

Débit montant

Il correspond à la quantité de données que votre connexion peut envoyer en une seconde. De lui dépend la vitesse d’envoi de fichiers notamment.

Latence

Elle définit le temps que mettent les données à se rendre d’un point A à un point B. Elle se mesure en milliseconde. Plus elle est faible, mieux c’est. Cette donnée est importante pour les joueurs en ligne.

Mbps ou mégabits par seconde

C’est l’unité de mesure du débit. Elle correspond à la quantité de données transmises en 1 seconde. L’ADSL offre, par exemple, un débit maximal de 15 Mbps. 1 Mbps équivaut à 1 000 Kbps (kilobits par seconde) et 1 000 Mbps égalent 1 Gbps (gigabits par seconde). Attention à ne pas confondre les mégabits avec les mégaoctets, utilisés pour mesurer la taille des fichiers. Sachant qu’1 octet correspond à 8 bits. Il vous faudra par exemple 13,3 secondes pour télécharger une photo de 10 mégaoctets (80 Mbps) avec un débit de 6 Mbps.

VDSL

Technologie qui permet de profiter d’un débit plus élevé que l’ADSL tout en utilisant elle aussi la ligne téléphonique. Pour en bénéficier, il faut que le logement soit couvert par votre FAI. Le signal VDSL s’affaiblissant très rapidement, il faut résider près du répétiteur pour en constater les effets.