Achat immobilier à usage d’habitation

Refus du prêt

Vous vous êtes décidé(e) à acheter un logement. Vous avez signé un compromis de vente sous la condition suspensive d'obtenir un ou plusieurs prêts pour financer cet achat. Or, les banques vous l'ont refusé (ou l'un d'eux). Vous ne pouvez donc pas donner suite à cet achat et vous voulez donc vous prévaloir de cette clause de votre contrat pour revenir sur cette décision d’acheter. Vous souhaitez obtenir le remboursement de la somme qui a été consignée au moment de la signature.

 
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Ce que dit la loi

Le compromis de vente que vous avez signé doit préciser si le prix sera payé directement ou indirectement, même en partie, avec l’aide d’un ou plusieurs prêts. Dans ce cas, votre contrat est effectivement conclu sous la condition suspensive de l'obtention du ou des prêts qui en assureront le financement.

Si vous n’obtenez pas le ou les prêts sollicités dans le délai prévu dans le compromis, la vente ne se réalise pas et les sommes que vous avez versées d’avance doivent vous être immédiatement remboursées, sans aucune retenue ou indemnité. Si quinze jours après votre demande de remboursement, vous n’avez rien reçu, sachez que cette somme est productive d’intérêts au taux légal majoré de moitié.

Il faut se référer à ce qui a été prévu dans le compromis de vente concernant le nombre d’établissements qu’il a été convenu de solliciter et à quelles conditions. Il est souvent prévu un délai pour prévenir le vendeur comme les rédacteurs de l’avant-contrat du refus de l’établissement bancaire.

Articles L. 313-40, L. 313-41 et L. 341-35 du code de la consommation.

À noter
Lorsque l'emprunteur informe ses prêteurs qu'il recourt à plusieurs prêts pour la même opération, chaque prêt est conclu sous la condition suspensive de l'octroi de chacun des autres prêts. Cette disposition ne s'applique qu'aux prêts dont le montant est supérieur à 10 % du crédit total. Si vous avez sollicité plusieurs prêts, l’avant-contrat doit le préciser. Ainsi, le défaut d’obtention d’un des prêts entraînera la caducité du compromis de vente.
Article L. 313-37 du code de la consommation.
Bon à savoir
Pour que le refus de banques vous permette de faire jouer la condition suspensive et donc renoncer à l’achat, encore faut-il ne pas avoir provoqué ce refus. L’emprunteur doit effectivement faire des demandes de prêts correspondant aux stipulations du compromis de vente. Le fait de solliciter un prêt pour un montant supérieur à celui prévu (Cour de cassation, 3e chambre civile, 3/12/2002, n° 01-13103) ou pour une durée de remboursement plus courte ou un taux inférieur à celui mentionné dans l’avant-contrat est constitutif d’une faute.
Dans ce cas, le vendeur devra démontrer cette faute et pourra, selon les stipulations du contrat, chercher à faire reconnaître ce comportement fautif pour demander l’exécution forcée du compromis de vente ou le versement de l’indemnisation prévue dans l’acte de vente. Ceci est bien évidemment source de contentieux et soumis à l’appréciation d’un juge en cas de contestation de l’une des parties.

Pour les situations rencontrées avant le 1er octobre 2016 : article 1178 du code civil.

Pour les situations rencontrées après le 1er octobre 2016 : article 1304-3 du code civil.

Ce que vous devez faire

Vous devez vous référer à votre compromis si vous souhaitez faire application de cette clause en respectant les délais et conditions de prévenance. Il est, en général, indiqué que vous devez justifier des refus des banques en produisant des attestations dont les caractéristiques globales du prêt sont conformes au compromis de vente.

Adressez un courrier en recommandé avec accusé de réception à votre vendeur pour l’informer de la non-obtention du ou des crédits et demander le remboursement des sommes versées d’avance. Si le compromis de vente a été signé par l’intermédiaire d’une agence immobilière ou d’un notaire, adressez le même courrier recommandé avec accusé de réception à ce professionnel.

Devant quel tribunal agir

Sauf cas particuliers, lorsque vous saisirez le tribunal, vous devrez justifier avoir réalisé des démarches en vue de parvenir à une résolution amiable du litige (art. 58 du code de procédure civile). Il s’agit, par exemple, d’évoquer les différents courriers que vous avez écrits ainsi que les délais laissés pour vous répondre. À défaut, le juge pourra vous inviter à procéder à une tentative de règlement amiable de votre litige, avant de vous adresser à nouveau à lui.

Retrouvez notre fiche « Devant quel tribunal agir ? »


À noter
Ce modèle de lettre a été rédigé par le Service d’Information Juridique de l’UFC-Que Choisir. Composé de juristes, il répond aux questions des abonnés à Que Choisir afin de leur indiquer la marche à suivre pour venir à bout de la plupart des problèmes de consommation qu’ils peuvent rencontrer dans leur vie quotidienne : produits défectueux et prestations de services peu satisfaisantes, contentieux en matière d’assurance ou de banque, litiges locataires-propriétaires, questions relatives à la copropriété etc.

Attention : ce modèle de lettre n’a pas vocation à se substituer à des conseils personnalisés qui pourraient vous être fournis par nos associations locales ou par des professionnels du droit. Il a pour objet de vous proposer une argumentation que vous jugez pertinente au regard de votre situation.