Comment plumer les retraités

Publié le : 29/12/2009 

D'abord les cadeaux, puis des produits vendus trois ou quatre fois leur prix. Les ventes « à la postiche » font à chaque fois des victimes. Coulisses.

 

C'est toujours la même technique. On vous téléphone pour vous féliciter d'avoir gagné un cadeau. Afin de le récupérer, rendez-vous en couple dans un restaurant pour y découvrir d'autres produits. Une confirmation de l'invitation suit. Deux membres de l'UFC-Que Choisir de Reims ont joué le jeu. Sur place, ils se sont retrouvés avec une trentaine d'autres couples, tous des retraités, démarchés aussi par téléphone. « À l'arrivée, on vous demande votre invitation qu'on ne vous rendra pas », raconte l'un des enquêteurs. On remet les cadeaux promis (deux boîtes de pâté et deux bouteilles de vin), puis le show commence. Un vendeur évoque d'abord le château qui produit le vin dans le Bordelais, histoire de mettre son public en confiance. Il poursuit avec un service de verres en cristal : à l'assistance de deviner le prix. Une personne tirée au sort se verra offrir un lot de 6 verres estimés à 480 euros. Puis, le vendeur passe à une batterie de casseroles (625 euros), enchaîne avec la couverture en pure laine vierge (2 450 euros) et termine avec le matelas en mousse à mémoire de forme « au prix promotionnel de 2 990 euros, réglable en 30 fois sans frais ». Pour ceux qui restent jusqu'à la fin (plus de 2 h 30 de boniment), le vendeur propose le tout pour... 2 990 euros ! Trois couples ont signé. « Ces ventes dites à la postiche font chaque fois quelques victimes qui payent des produits quatre ou cinq fois leur prix, explique l'un des enquêteurs de l'association locale. Le code de la consommation stipule que lorsqu'il y a démarchage à domicile, le consommateur a 7 jours pour se rétracter, mais le posticheur récupère l'invitation, la seule preuve du démarchage. Il est donc bon d'en garder une photocopie. »

Jean-Paul Geai