Étude

Le transport sanitaire dérape

Publié le : 23/09/2021 

De nombreux témoignages révèlent les dysfonctionnements du transport sanitaire en Pays de la Loire et leur impact sur la prise en charge médicale.

 

L’UFC-Que Choisir de Nantes est membre du réseau France assos santé des Pays de la Loire. À ce titre, l’association locale (AL) a participé à une étude sur les transports sanitaires (ambulance, véhicule sanitaire léger et taxis) agréés et remboursés par l’Assurance maladie. Et les témoignages qu’elle a recueillis révèlent de nombreuses dérives – qui se retrouvent sans doute dans d’autres régions que celle visée par cette enquête. Les résultats sont détaillés dans Conso’Nantes, la revue de l’AL. Pointés en premier, les entreprises « qui refusent de prendre en charge les malades en raison du trajet jugé trop peu rentable » et les médecins « qui prescrivent un mode de transport allongé alors qu’il n’est pas nécessaire ». Autres soucis, « les prestations dégradées », comprenant des délais d’attente excessifs pour des patients « qui ont parfois subi des soins éprouvants », des refus d’accompagnement jusqu’en salle d’attente ou de consultation « pour des personnes ayant des difficultés à se déplacer seules » ou encore des véhicules « non adaptés aux fauteuils roulants ». Tout cela impacte la qualité de la prise en charge médicale. En raison des retards dans le transport, les soins fournis peuvent être abrégés, voire non dispensés faute de véhicule disponible ! Plusieurs causes sont avancées pour expliquer cette situation : un nombre d’agréments stable depuis 15 ans alors que la population a augmenté ; des acteurs du secteur visant prioritairement des transports couchés, plus rentables ; une tarification pas toujours gratifiante ; des difficultés de recrutement… « Ces dysfonctionnements sont récurrents depuis plusieurs années, note l’UFC-Que Choisir de Nantes. En fait, chacun défend sa position ou ses intérêts. » L’AL relève, par exemple, que « l’Assurance maladie oppose son budget contraint pour le financement de ces prestations », tandis que les « établissements de santé ne souhaitent pas participer à la régulation des transports sanitaires ». Par conséquent, et à l’instar de toutes les associations de patients concernées, l’AL demande que l’Agence régionale de santé (ARS) « se saisisse résolument du dossier », ce qui pourrait passer par un audit confié à un organisme indépendant, avec la participation de toutes les parties prenantes.

Arnaud de Blauwe

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