L’ assureur ne justifie rien

Publié le : 29/09/2011 

Groupama accuse son assuré d’être impliqué dans un accrochage avec un autre véhicule. Sans preuve.

 

Un Nantais reçoit un courrier de son assureur, Groupama : son véhicule est impliqué dans un accrochage survenu sur un parking et un malus lui est appliqué en retenant sa responsabilité totale. L’assuré se souvient avoir stationné sa voiture sur un parking, mais pas d’avoir heurté un véhicule, ni trouvé de message sur son pare-brise. Il se rappelle toutefois avoir été convoqué à la gendarmerie pour s’expliquer sur un témoignage six mois après le pseudo-accrochage. Et Groupama s’appuie justement sur ce témoignage : l’automobiliste, voulant éviter un piéton sur la chaussée, aurait percuté une voiture garée sans s’en rendre compte. L’histoire, plausible, paraît bizarre à l’assuré. Il consulte l’UFC-Que Choisir de Nantes, qui lui conseille d’exiger de Groupama une justification formelle des reproches qui lui sont faits. Mais l’assureur ­répond qu’il appartient à l’assuré de faire expertiser sa voiture. L’UFC-Que Choisir lui suggère plutôt de saisir le juge de proximité. « Si Groupama a accepté de rembourser les réparations au véhicule du conducteur adverse, a argumenté le juge, l’assureur ne fournit aucune pièce permettant d’établir la nature des dégâts, leur rapport avec le sinistre prétendu ou les déclarations du témoin. Cette compagnie a retenu la responsabilité de son client avant même que ce dernier soit entendu par la gendarmerie et n’ait même eu connaissance de la plainte du conducteur adverse, dont on ignore d’ailleurs si l’enquête a confirmé les griefs. Les droits de l’assuré pour faire valoir sa défense n’ont pas été respectés et sa responsabilité a été retenue de façon prématurée. » Groupama a été condamné à rétablir son client dans son coefficient de bonus initial et à lui verser 500 € de dommages-intérêts.

Jean-Paul Geai