Signatures trop vite acquises

Publié le : 17/11/2016 

Profitant du désarroi de la veuve, La Banque postale veut récupérer les contrats d’assurance souscrits chez un concurrent, mais oublie de résilier les contrats en cours. 

 

Quinze jours après le décès de son mari, Mme F., une habitante du Cher, prend rendez-vous avec sa conseillère de La Banque postale de Bourges, où le ménage avait souscrit deux contrats obsèques. Elle souhaite connaître les mo­dalités de remboursement de celui de son époux. Lors de cette rencontre, la conseillère fait signer trois contrats à Mme F. (assurance auto, complémentaire santé et multirisque habitation). La veuve signe sans trop comprendre. C’est sa fille qui constate, quelques semaines plus tard, des prélèvements inhabituels sur le compte de sa mère. Elle s’aperçoit que celle-ci ne sait pas ce qu’elle a signé. Elle demande à rencontrer la conseillère ou le directeur de l’agence de La Banque postale. Refus. Elle consulte l’UFC-Que Choisir du Cher. L’examen des do­cuments par l’association locale révèle de nombreuses anomalies et irrégularités. Le contrat d’assurance auto et l’attestation comportent une fausse immatriculation, la multirisque habitation est établie au nom de M. F., qui est décédé, et la complémentaire santé est signée alors que le contrat existant ne pouvait être résilié avant 10 mois. La conseillère avait promis de s’occuper des démarches nécessaires auprès de l’autre société d’assurances, mais rien n’a­vait été fait, d’où la cohabitation de plusieurs contrats et des prélève­ments en double. Devant le refus de l’agence bancaire de recevoir sa cliente ou de répondre à l’UFC-Que Choisir du Cher, l’association locale se tourne vers la direction générale de La Banque postale et la direction clientèle. Après plusieurs échanges, la banque fait savoir qu’elle annule les trois contrats souscrits et rembourse les primes prélevées.