Fidélité et revolving

La liaison dangereuse continue !

Publié le : 23/03/2009 

L'UFC-Que Choisir s'alarme des annonces gouvernementales relatives à une mesure phare réclamée par l'ensemble des associations, appuyées par Martin HIRSCH : la dissociation carte de fidélité/crédit revolving.

Sur la méthode, après avoir annoncé par voie de presse les mesures de son projet avant de les présenter aux associations, la Ministre récidive préférant les média au dialogue avec les partenaires consuméristes pour présenter les amendements à son texte. C'est une caricature de concertation !

Sur le fond, les annonces d'hier de Christine LAGARDE laissaient croire que le gouvernement allait prendre des mesures à la hauteur du problème(*1) . Aujourd'hui, force est de constater que la montagne a accouché d'une souris : la réserve d'argent sera toujours associée aux cartes de fidélité.

Le gouvernement entend seulement développer l'information autour de cette association contre nature. L'UFC-Que Choisir réaffirme que la fidélité n'a pas à être le cheval de Troie du revolving dès lors que crédit et avantage commercial répondent à 2 logiques absolument différentes.

Certes, on ne pourra plus dire que le consommateur est équipé à son insu, mais il le sera toujours malgré lui ! En effet, un consommateur qui souhaite seulement bénéficier d'un avantage commercial sera malgré tout titulaire d'un crédit revolving qu'il le veuille ou non. La seule différence avec la situation actuelle est qu'il le saura. Quel progrès !

Plutôt que de s'attaquer aux problèmes structurels, le gouvernement se polarise sur l'information du consommateur et ne remet pas en cause une technique intolérable dans laquelle la liberté du consommateur est aliénée.

L'UFC-Que Choisir appelle donc les parlementaires, particulièrement les 170 qui ont cosigné son appel en faveur d'une vraie réforme du crédit à la consommation, à s'attaquer au principal problème rencontré dans la distribution du crédit : l'absence de choix et la surdistribution du crédit revolving !

 

(*1) : Sur Europe 1, la Ministre déclarait hier « Je ne veux pas qu'un consommateur qui entre en fidélité entre en crédit. Le principe sera la distinction ».