Flambée des prix du pétrole

Le krach financier de la ruralité !

Publié le : 20/05/2008 

Si l'hyperinflation des prix du carburant et du fioul domestique heurte durement le pouvoir d'achat de la plupart des consommateurs, l'impact est inégal selon le territoire d'habitation. L'UFC-Que Choisir alerte sur le fait que les conséquences de cette flambée sont particulièrement dramatiques pour les ménages ruraux.

A l'heure où le ministère de l'Economie livre ses arbitrages pour la prochaine loi de finances, l'UFC-Que Choisir souhaite que soient retenues deux mesures d'urgence de soutien financier qui seraient ciblées sur ces ménages.

Les données 2006 de l'enquête budget famille de l'Insee permettent de déterminer la part des dépenses pétrolières dans le budget des ménages selon le territoire d'habitation. Il apparaissait que ce ratio était de 7,55 % en milieu strictement rural, de 5,85 % dans les petites villes, de 4,75 % dans les villes moyennes, de 4,0 % dans les grandes villes et de 2,6 % dans l'agglomération parisienne.

Sur la base de ces ratios 2006, en ajoutant l'inflation de ces douze derniers mois, on peut considérer que les dépenses pétrolières représentent 8,5 % du budget en milieu strictement rural et près de 7 % du budget dans les petites villes.

Plus encore, toujours en 2006, il apparaît que le tiers des ménages ruraux les plus modestes, soit environ deux millions de foyers, consacrent en moyenne plus de 10 % de leur argent au carburant et au fioul(1). La situation est pour eux intenable : chaque augmentation de 10 % du prix des produits pétroliers ampute de 1 % leur pouvoir d'achat total. Rappelons que, depuis un an, le prix TTC du fioul a augmenté de 47 %, le diesel de 27 % et l'essence de 8 % !

L'UFC-Que Choisir demande à la ministre de l'Economie que des mesures d'urgence soient prises en faveur de ces consommateurs que l'on ne peut pas abandonner à une fatalité pétrolière :

- Pour l'hiver à venir, la prime à la cuve pour le fioul domestique doit passer de 150 à 250 euros pour les ménages non imposables et une prime de 100 euros doit être accordée à tous les autres consommateurs de fioul de la classe moyenne.

- La mesure du « chèque transport », annoncée en septembre 2006, puis vite oubliée, doit être appliquée avec l'aide de l'Etat pour la fraction de ménage la plus touchée par la hausse des prix du carburant. Ces chèques pourraient notamment proposer une participation financière pour l'achat de billets de transport collectifs.

(1) : Ce ratio de dépenses atteint même 13 % du budget pour les 10 % des ruraux les plus pauvres.