La TNT fait exploser les charges

L'UFC-Que Choisir demande aux pouvoirs publics d'éteindre la mèche

Publié le : 03/11/2005 

La mise en place de la Télévision Numérique Terrestre, qui doit être gratuite et accessible à tous, fait subir à plus de 1,2 million de foyers raccordés au réseau câblé pour la réception des chaînes hertziennes une croissance exponentielle du tarif du service-antenne pouvant atteindre près de 600%.

Dans les immeubles collectifs qui ont supprimé l'antenne-râteau, le câble constitue souvent l'unique moyen de réception des chaînes hertziennes et de la Télévision Numérique Terrestre. La loi du 9 juillet 2004 a imposé aux câblo-opérateurs de retransmettre les chaînes hertziennes, y compris les chaînes gratuites de la TNT, à travers ce qu'il est convenu d'appeler un « service-antenne ». Cette loi précise que les « frais d'installation, d'entretien et de remplacement du réseau sont à la charge des utilisateurs », c'est-à-dire compris dans les charges collectives des immeubles.

Exploitant le vide juridique s'agissant de la norme d'émission, les distributeurs (Noos, NC Numéricâble) ont opté pour la norme DVB-C illisible par les adaptateurs TNT vendus dans le commerce et les téléviseurs équipés d'un décodeur, et exigeant un abonnement à un décodeur numérique complémentaire. Se prévalant des « frais d'installation » précités, les câblo-opérateurs proposent une hausse tarifaire inadmissible du service-antenne qui se répercute sur les charges collectives.

A Paris, les locataires de l'OPAC s'acquittaient jusqu'à présent d'une modeste redevance de 0,84 euros par mois alors que Noos demande désormais près de 5 euros, décodeur compris, pour ce service-antenne, soit une hausse de 600 %. Dans certaines régions, le coût du service-antenne pour recevoir la TNT peut atteindre 9,5 euros par mois.

Aucune garantie ne permettant d'affirmer que l'abonnement cesserait une fois le décodeur amorti, l'UFC-Que Choisir dénonce les abus des câblo-opérateurs et demande :

- au gouvernement de combler le vide juridique existant en exigeant que la norme d'émission soit la norme DVB-T et en limitant les « frais d'installation » à la charge des utilisateurs au seul prix coûtant de la mise à niveau,

- au CSA, que l'Association vient de saisir, de sanctionner les câblo-opérateurs qui exploitent le silence de la loi pour bénéficier d'une marge de prix intolérable s'agissant de l'accès à un service universel.