Surinflation des prix de l'essence

84 % de la hausse est due à l'augmentation de la rente privée

Publié le : 20/07/2006 

Depuis janvier 2006, le prix TTC de l'essence a augmenté de 7,9% (15% en rythme annuel) et celui du gazole de 5,8% (11% en rythme annuel). Les prix du carburant continuent donc de connaître une croissance exceptionnelle de 4 à 5 fois supérieure à l'inflation générale, croissance qui grève lourdement le budget des ménages.

Surtout, l'examen des données du ministère de l'industrie montre que 83% de la hausse du prix du carburant est absorbée sous la forme d'une rente au profit des producteurs pétroliers. L'augmentation des recettes fiscales sur le carburant, quant à elle, contribue pour seulement 17% de cette hausse du prix.

L'explication de ce phénomène est simple : les particuliers restreignent leur consommation (-0,9% en 2005, -1,5% en 2004) et, en conséquence, la recette de la taxe intérieure sur les produits pétroliers, qui est assise sur les volumes consommés, reste stable. Seule l'application de la TVA induit une légère croissance de la perception publique.

Le marché du carburant connaît donc une évolution très dangereuse : alors même que les ménages font des économies de consommation, et que les recettes de l'Etat tendent à stagner, les prix continuent de flamber et les groupes pétroliers encaissent des profits sans cesse plus faramineux.

Devant ce constat, l'UFC-Que Choisir demande au Ministre des finances d'admettre l'évidence : la négociation qu'il a menée en octobre 2005 avec les groupes pétroliers pour obtenir une modération du prix de l'essence, a été un échec complet.

L'UFC-Que Choisir estime que si le gouvernement veut juguler l'inflation de la facture pétrolière des ménages, il doit réguler la rente que perçoivent les groupes pétroliers et aider les consommateurs à réduire encore leur dépendance au pétrole.

Plusieurs députés de toutes tendances (Lionel Lucas, UMP ; le groupe socialiste ; René-Gérard Schwartzenberg, PRG ; Yves Cochet, Verts ; le groupe communiste) ont justement déposé des propositions de loi visant à taxer les profits pétroliers. Ces propositions s'inspirent de la surtaxe décidée par le gouvernement britannique en décembre 2005 et de la taxe exceptionnelle sur les profits pétroliers votée par la commission des finances du Sénat américain.

L'UFC-Que Choisir salue ces initiatives parlementaires et demande qu'une mesure corrective soit votée à la prochaine loi de finances : instaurer une taxe exceptionnelle sur les profits pétroliers déclarés en France pour la reverser au financement des transports collectifs.