Aidants Le suivi médical des aidants trop souvent délaissé

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Le suivi médical des aidants trop souvent délaissé

Publié le : 17/02/2020 

Pour les personnes qui aident un proche atteint de démence, le retentissement est souvent lourd. Une consultation médicale spécifique leur est dédiée, tous les ans. Mais cet outil de prévention et de suivi médical semble trop peu utilisé.

 

Assister à domicile un proche atteint de démence est une épreuve physique et morale, ayant un lourd retentissement sur la santé. La Haute Autorité de santé recommande donc aux médecins de proposer aux aidants, une fois par an, une consultation qui leur soit dédiée.

Sur le terrain, ce dispositif est trop peu appliqué, constate une étude menée dans la Somme (1). L’enquête a consisté à interroger 49 aidants au cours de l’année 2018. Résultat : seulement 3 d’entre eux avaient bénéficié de cette consultation. On sait pourtant que les aidants tendent à faire passer leur propre santé au second plan. L’étude le confirme : 5 de ces aidants ont dû être hospitalisés en urgence à la suite d’une négligence de soins. Or, c’est précisément l’un des buts de la consultation dédiée : évaluer le risque d’épuisement pour l’éviter autant que possible. Pour cela des questionnaires existent, évaluant précisément le « fardeau » – c’est le terme officiel, qui recouvre les conséquences physiques, psychologiques, émotionnelles, financières et sociales. À cette occasion, des mesures d’allégement peuvent être mises en place, telles que la venue d’aides professionnelles ou l’orientation vers des structures spécialisées. Peu d’études ont été réalisées sur ce sujet. Une enquête menée dans le Cher il y a quelques années avait, pour sa part, estimé à un quart la proportion d’aidants bénéficiant de cette consultation spéciale. Cela reste trop peu.

Un suivi médical régulier de l’aidant est en effet primordial pour lui-même, mais aussi pour la personne atteinte de démence. En effet, l’aidant est un collaborateur du médecin et un acteur indispensable du maintien à domicile, qui lui-même a une influence positive sur les troubles de la personne atteinte d’Alzheimer ou de problèmes apparentés. Environ 3 millions de personnes en France sont concernées.

(1) « Usage de la consultation dédiée à l’aidant naturel de patients atteints de la maladie d’Alzheimer ou maladies apparentées par le médecin généraliste », Revue de gériatrie, 12/19.

Perrine Vennetier