Les professionnels du fioul doublent la prime à la casse des vieilles chaudières pour l’achat d’une neuve pendant 2 mois, de la mi-septembre à la mi-novembre. Faut-il saisir cette opportunité ?

 
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Le dispositif de prime à la casse des chaudières au fioul mis en place l’hiver dernier revient à la faveur de l’augmentation des prix du pétrole et donc de ceux du fioul. Il s’adresse aux propriétaires de vieilles chaudières au fioul, installées depuis plus de 15 ans. S’ils la remplacent par un modèle à condensation, beaucoup plus performant, ils perçoivent une aide d’au moins 700 €, financée à parité par le fabricant de la chaudière et le distributeur de fioul.

C’est a priori sympathique mais il est inutile de les remercier. Cette mesure leur permet de répondre à leurs obligations en matière de certificats d’économie d’énergie en récupérant ceux auxquels la pose d’une chaudière performante donne droit. Car s’ils ne remplissaient pas les quotas que la réglementation leur fixe, ils auraient de lourdes pénalités à verser (voir notre enquête sur les certificats d’économie d’énergie). C’est donc du gagnant-gagnant et non un cadeau.

L’intérêt d’une chaudière neuve

La chaudière fioul moderne est à condensation. Avec son rendement élevé et sa régulation, elle réduit toujours la consommation de fioul. Plus la chaudière remplacée est ancienne, plus l’économie d’énergie est conséquente,  30 %, voire plus, par rapport à un modèle posé dans les années 80. Mais elle coûte cher, entre 4 000 et 6 000 €, voire plus si la surface à chauffer est vaste. Quant au prix du pétrole, il a flambé depuis 2003 (+293 %) et celui du fioul domestique a suivi. Un renversement de tendance est très improbable, la hausse devrait se poursuivre.

Les alternatives possibles

Avant de vous précipiter, pensez aux éventuels modes de chauffage alternatifs. Oubliez le propane, il est commercialisé à un prix prohibitif. Le gaz naturel, en revanche, reste de loin l’énergie de chauffage la plus compétitive. Il est possible que depuis votre installation, votre commune ou votre quartier ait été raccordé au réseau de gaz naturel. Renseignez-vous, car si c’est le cas et que le réseau passe à proximité, il est avantageux de demander le raccordement de votre logement et de passer au gaz naturel. La chaudière est moins coûteuse, l’énergie aussi, et le gaz moins polluant que le fioul. 

L’autre possibilité, en l’absence de gaz naturel, c’est la chaudière automatique à bois granulés. Rendement et facilité d’emploi sont au rendez-vous. Mais le montant du crédit d’impôt à fondu en 2012 et les prix restent très élevés. Il faut habiter une grande maison qui a de gros besoins de chauffage et vivre dans une région où la filière bois granulés est bien structurée pour que ce soit envisageable.

Sans alternative, une opportunité à saisir

Si la desserte en gaz naturel n’existe pas, si la chaudière automatique à granulés ne peut pas s’amortir, il est intéressant de profiter de cette aide de 700 € quand on possède une chaudière fioul ancienne. Le crédit d’impôt de 10 % s’y ajoute.

Condensation, gare au conduit de fumée

Attention, la chaudière à condensation ne s’adapte pas aux conduits de fumée existants. Le conduit maçonné n’est pas assez résistant pour ses fumées à faible température, un tubage doit être réalisé pour le renforcer.

L’autre solution, c’est la chaudière à ventouse. Les conduits traversent le mur qui donne sur l’extérieur, les fumées sont évacuées en façade. Cela évite le ramonage (mais pas l’entretien !) et le rendement est amélioré de 4 à 5 %.