Comparateurs d’assurances

Un manque de transparence

Publié le : 09/06/2012 

Dans un avis récent, le Comité consultatif du secteur financier dénonce un manque de transparence de bon nombre de comparateurs d’assurances disponibles sur Internet. À cause de leurs liens avec les professionnels qu’ils prétendent comparer, leurs résultats sont sujets à caution.

 

Cela va sans dire, et c’est encore mieux en le disant : on trouve tout et n’importe quoi sur le Web en matière de comparateur d’assurances. Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui se penche sur la question dans un avis publié le 10 mai, relève ainsi que « certains sites Internet se présentent sur des moteurs de recherche comme comparateurs », alors qu’ils comparent « un nombre très limité de contrats, voire, dans certains cas, les contrats proposés par un seul assureur »…

Sur la base de ce constat, le CCSF émet une série de recommandations qui énumère les défauts des comparateurs actuels. Ces derniers doivent, ou devraient, mettre en évidence « les informations relatives au statut » du site ; être « transparents sur les liens économiques » les rattachant aux entreprises dont ils présentent les offres ; ne pas cacher que le site « est rémunéré par les entreprises ou intermédiaires d’assurance dont il présente les offres », mais aussi garantir que cette rémunération « est sans influence sur la présentation et la sélection des offres ». Ils devraient également, entre autres, présenter clairement « le contenu ainsi que les limites des garanties », telles que franchises, plafonds, exclusions…

Il suffit de très peu de temps sur le Web pour constater que ces recommandations ne sont pas suivies à l’heure actuelle. Par exemple, il faut chercher assez longtemps sur le site LeLynx.fr pour découvrir qu’il appartient au groupe Admiral, également propriétaire des assurances L’Olivier. Idem chez Hyperassur, lié au géant américain Metlife, ou chez Assurland, dont Covea est actionnaire (Covea réunissant MMA, la MAAF et la GMF). Le moins que l’on puisse dire est que les liens ne sont pas soulignés. Exception, Quialemeilleurservice.com annonce dès la première page ses liens avec Axa.

Le problème est que les avis du CCSF ne sont pas contraignants. Ce  comité de 32 personnalités qualifiées (dont un représentant de l’UFC-Que Choisir) rattaché à la Banque de France est un organe consultatif. Le respect de sa recommandation sur les comparateurs, aussi pertinente soit-elle, dépend en dernier ressort du bon vouloir des comparateurs eux-mêmes. Or, si un assureur investit dans un tel outil, ce n’est pas par amour de la transparence, mais pour augmenter sa part de marché. Cela ne veut pas dire que les informations diffusées sont systématiquement biaisées, mais le doute est inévitable.

Ce n’est pas le cas avec le comparateur de tarifs bancaires en ligne de l’UFC-Que Choisir, lancé le 5 juin, qui, lui, est totalement indépendant. Le même outil pour les assurances serait certainement le bienvenu…

Erwan Seznec