Comment bien choisir son assurance habitation

Assurance habitation

Comment bien choisir son assurance habitation

À chaque déménagement, lors de l’achat ou de la location d’un logement, se pose la question de l’assurance multirisque habitation. C‘est en effet le moment de remplacer, chez son assureur habituel, l’ancien contrat par un autre afin de l’adapter à la nouvelle situation, voire de tester un nouvel assureur. Mais hors de tout changement de logement, on peut aussi se poser la question du choix de son assurance habitation  chaque année, et plus raisonnablement tous les 3 ans, rythme auquel on a intérêt à faire le point sur ses garanties, ses plafonds d’indemnisation, les franchises appliquées en cas de sinistre, voire les services annexes offerts par son assureur.

 

Une société d’assurances ou une mutuelle d’assurances ?

Le choix est large entre les sociétés d’assurances, les mutuelles d’assurances mais aussi les réseaux de bancassurances. Entre les uns et les autres, c’est le modèle économique et la philosophie qui changent, même si, vu de l’extérieur, les produits et les publicités de chacun se ressemblent de plus en plus.

Les sociétés anonymes d'assurances (on parle encore souvent de compagnies d’assurances) sont des entreprises privées régies par le code des assurances qui ont pour objectif la réalisation de bénéfices et la redistribution par la suite aux actionnaires. Elles proposent leurs services à des clients qui souscrivent un contrat. Ce sont, par exemple, Allianz, Aviva, Axa, Generali…

Les mutuelles d’assurances comme, par exemple, Groupama, Maaf, Macif, MMA… ont un statut de société civile sans but lucratif. Elles réinvestissent donc leurs bénéfices pour le profit de tous leurs sociétaires ou adhérents. En effet, elles ne parlent pas de clients mais de sociétaires qui adhèrent à un contrat (ils ne souscrivent pas). Elles sont également régies par le code des assurances. Attention à ne pas les confondre avec les mutuelles régies par le code de la mutualité revendiquant aussi un but non lucratif, mais n’intervenant que dans le domaine de la santé et de la prévoyance.

Les établissements bancaires, par exemple BNP Paribas, Crédit agricole, Crédit mutuel, La Banque postale, Société générale… commercialisent aussi des contrats d’assurances mais par l’intermédiaire de sociétés d’assurances, filiales ou pas.

Les grandes et les petites marques

Sur le marché, on trouve les poids lourds du secteur (une vingtaine d’acteurs au total), parmi lesquels des sociétés privées et des mutuelles, sans oublier les outsiders qu’on ne s’attend pas toujours à croiser dans ce secteur, par exemple le grand distributeur Carrefour, mais aussi les assureurs qui, pour faire baisser la note (à leur lancement, on parlait parfois d’assureurs low cost), n’opèrent qu’en ligne ou par téléphone via, notamment, les sites comparateurs. Ils sont le plus souvent des filiales des grandes enseignes. Parmi eux, Alloassurances.com (groupe April), Allsecur.fr (groupe Allianz), Amaguiz.com (Groupama/Gan), Direct Assurance (groupe Axa), Eurofil.com (groupe Aviva), Nexx.fr (Maaf). Des économies à la clef pour ceux qui peuvent se passer d’aide pour souscrire un contrat ou remplir une déclaration de sinistre.

Une souscription en direct ou via un agent, un courtier ?

Une fois le choix éthique opéré entre sociétés privées et mutuelles d’assurances, les mastodontes et les petites, il reste à opter pour un réseau de distribution : s’adresser directement à la société qui propose un contrat via son site ou dans ses bureaux ; passer par un agent d’assurances, professionnel indépendant exerçant l’activité d’intermédiaire pour le compte d’une compagnie d’assurances spécifique dont il a reçu un mandat sur une zone géographique déterminée ; prendre rendez-vous avec un courtier en assurance, commerçant indépendant représentant plusieurs compagnies d’assurances, et même des mutuelles, et servant d'intermédiaire entre elles et un consommateur final ; cliquer sur l’un des nombreux sites comparateurs, de plus en plus présents sur la toile (Assurland.com, Hyperassur.com, Kelassur.com, Lelynx.fr, Lesfurets.com, Tati-assurances.fr…), mais pas si neutres que ça car, contrairement à notre comparateur indépendant, ils ne travaillent qu’avec des assureurs partenaires (le plus souvent des petites sociétés) qui les rémunèrent lorsqu’un internaute clique sur une offre et entre en contact avec eux ou encore quand il souscrit un contrat par leur entremise. Tout dépend de l’accord signé entre le site et l’assureur. En tout cas, sur ces sites, contrairement à ce que certains laissent croire, on n’a jamais accès à l’exhaustivité de l’offre multirisque habitation du marché.

Au final, pour un conseil plus personnalisé, il est préférable de souscrire ou d’adhérer en direct avec l’acteur de son choix, dans un de ses bureaux, l’une de ses agences ou via un courtier. Sans conteste, c’est avec ce dernier qu’on sera le mieux informé et le plus rassuré puisque, travaillant pour plusieurs sociétés, il est censé pointer du doigt les points forts et les points faibles d’un contrat par rapport à un autre, les options (plus d’informations sur les garanties optionnelles) et les services utiles à tel ou tel profil… Étant rémunéré par l’assureur (en fait, ce dernier rogne sur sa commission pour le payer), il n’en coûtera pas plus cher pour le client ou pour le souscripteur (idem pour le mode de rémunération des agents d’assurances).

Les points à vérifier avant de signer

Quel que soit le choix, il ne faut absolument pas se focaliser sur le seul montant de la prime : en moyenne 150 € pour les appartements et 250 € pour les maisons, avec de grosses disparités selon la taille de son logement mais aussi sa région. Il faut regarder de près les plafonds de garantie, les franchises (la part restant à charge de l’assuré en cas de règlement d’un sinistre), faire le tri entre les garanties et les services utiles et inutiles, mais aussi et surtout, les exclusions de garanties dont sont émaillés les contrats. Ces clauses d’exclusion sont souvent rejetées en bas de page, en caractères minuscules ou en termes subtils voire peu compréhensibles par des non-juristes spécialistes du droit de l’assurance.

Quelques conseils de base pour faire le bon choix

Évaluer précisément les pièces du logement. Attention, selon les contrats, est considérée comme pièce principale une surface à partir de 7 ou 9 m2. Cuisine et salle de bains ne sont pas comptabilisées dans le nombre de pièces, en revanche, combles transformés en pièces à vivre ou mezzanine en font partie et les pièces de plus de 40 m2 comptent généralement pour deux.

Calculer la valeur de ses biens à garantir. Mieux vaut surestimer et être bien couvert que minimiser pour obtenir une prime moins chère. Ne pas oublier de conserver les justificatifs d’achat et des photos de ses biens en cas de sinistre.

Vérifier les plafonds de garantie de ses objets de valeur comme les bijoux, les œuvres d’art… ce plafond étant différent du plafond général et toujours limité.

Avec la garantie dégâts des eaux, contrôler que les frais de recherche de fuite sont bien inclus car de telles investigations peuvent entraîner de grosses dépenses.

Dans le cadre de la garantie vol, examiner les exigences de protection des ouvertures : volets aux fenêtres, serrures de sécurité 3 points, alarme…

En cas d’absence fréquente de chez soi pendant l’année (des périodes au-delà de 90 jours sur 12 mois, en général), négocier afin que les clauses d’inhabitation soient supprimées pour être toujours couvert en cas de cambriolage notamment mais aussi de dégât des eaux.

Si on habite dans une région où les orages sont fréquents, penser à couvrir ses équipements contre les dommages électriques.

Quand sa maison est équipée d’une véranda, de miroirs, d’inserts de cheminée… une garantie bris de glace est souhaitable et même indispensable.

Penser également à faire couvrir par son contrat les dépendances du logement, caves, appentis, etc., si on tient à ce qu’elles renferment.

Si on a un jardin, regarder comment peuvent être garantis les arbres, le mobilier de plein air, la piscine, mais aussi les panneaux solaires, la pompe à chaleur, l’éolienne, etc., grâce, par exemple, à un « pack jardin » ou un « pack vert » (pour les installations économes en énergie).

Chantal Masson