Coronavirus Les masques maison, mieux que rien

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Les masques maison, mieux que rien

Mis à jour le : 28/04/2020 

Faute de stock dans les pharmacies, un modèle de masque maison peut faire l’affaire, histoire d’éviter les contaminations pendant les quelques instants de sortie autorisés.

 

Confectionner un masque maison, une idée saugrenue ? Pas si sûr. Acheter des masques professionnels en pharmacie est impossible depuis le début de l’épidémie de Covid-19, et il vaut mieux de toute façon les réserver aux professionnels de santé qui en manquent cruellement pour leurs consultations. La seule solution, pour qui souhaite limiter la contamination de cette façon, consiste à s’armer d’une machine à coudre (à défaut, d’une bonne dose d’huile de coude) et de chutes de tissu.

Attention, comme nous l’avons rappelé, s’affubler d’un masque et se croire à l’abri du coronavirus est une erreur. Toutes les études le montrent, en période de circulation généralisée d’un virus, le masque n’est rien s’il n’est pas accompagné de mesures strictes de lavage des mains et, comme c’est le cas en ce moment, de confinement de la population. Mais, même marginale, son utilité peut s’entendre, surtout pour une épidémie qui passe par des porteurs sains ou présymptomatiques. L’idée étant, dans le doute, d’éviter de répandre autour de soi le virus dont on pourrait être vecteur sans le savoir.

Deux études ont montré que les masques en tissu maison protégeaient moins bien que les masques FFP2 ou chirurgicaux, mais qu’ils protégeaient quand même. En somme, c’est mieux que rien. L’une d’elles, publié en 2013, a comparé différentes matières textiles, notamment celles disponibles à la maison en cas d’urgence. Conclusion, pour une bonne filtration, il vaut mieux utiliser des sacs pour aspirateur ou des torchons, que du lin ou des vieux t-shirts, dont la trame n’est pas assez serrée. Attention cependant, l’association française de normalisation (Afnor) déconseille le sac pour aspirateur, susceptible de dégager des composés irritants.

Le modèle doit également épouser les contours du nez, afin qu’il y ait le moins d’interstices possibles. Le patron et les instructions de réalisation diffusées par le CHU de Grenoble (1) donnent un résultat correct, mais discuté en raison de la couture verticale. L’Afnor a diffusé des modèles trois couches simples à réaliser (2).

Une fois le masque terminé, tout l’enjeu consiste ensuite à l’utiliser correctement. Pas question de le garder indéfiniment, ou de l’enlever et de le remettre sans cesse : il serait très vite contaminé. Un masque artisanal en tissu n’est efficace que quelques heures. Il faut le mettre en place au moment de partir, après s’être lavé les mains, et attendre d’être rentré pour l’ôter. Un nettoyage s’impose après chaque utilisation, à l’eau chaude et au savon ou en machine.

(1) Informations disponibles sur https://www.infirmiers.com/pdf/masque-tissu.pdf
(2) https://masques-barrieres.afnor.org/home/faire-mon-masquebarriere

Anne-Sophie Stamane

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