Déchets ménagers

Baisse des coûts unilatérale

Publié le : 28/06/2013 

Tous les 2 ans, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) actualise les coûts de la gestion des déchets ménagers. Pour la première fois depuis le début des années 2000, ils sont à la baisse. Une bonne nouvelle, sauf pour les consommateurs…

 

Illustration déchets ménagers

« Le coût global de la gestion des déchets par habitant a diminué de 5 % entre 2008 et 2010 », a annoncé l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) le 25 juin en jugeant « les résultats encourageants malgré de fortes disparités entre les collectivités locales ». Après des années de hausses continues et parfois spectaculaires, en moyenne + 6 % par an entre 2000 et 2008, c’est en effet une bonne nouvelle.

L’étude, qui a porté sur les coûts réels de 177 collectivités regroupant 12,4 millions d’habitants, avance plusieurs points pour expliquer cette baisse. D’abord la diminution des quantités d’ordures ménagères résiduelles, c’est-à-dire des déchets qui vont en décharge ou en incinération. Ensuite la hausse des déchets mis en déchetterie, car ils sont moins coûteux pour les communes que la collecte en porte-à-porte. Enfin les politiques de prévention, qui commenceraient à avoir « un effet positif sur le comportement des ménages ».

Résultat, le coût moyen des déchets ménagers s’élève à 85 € HT par an et par habitant au lieu de 91 € précédemment. Dans le détail, d’après l’Ademe, les ordures ménagères dites résiduelles, le tout-venant des poubelles, sont les plus coûteuses, 51 € par an et par habitant en moyenne, contre 18 € pour les déchets portés en déchetterie, 10 € pour les déchets du tri sélectif hors verre, et seulement 1,3 € pour le verre.

Jeter moins et composter les déchets qui peuvent l’être, trier au maximum, porter les bouteilles et les pots en verre au conteneur dédié et aller en déchetterie sont donc des comportements qui font faire de réelles économies.

L’ennui, c’est que si ces gestes sont profitables aux collectivités locales, les économies ne sont pas répercutées sur leurs administrés. La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) qui figure dans les impôts locaux reste toujours aussi salée, un comble. Les contribuables locaux paient en moyenne 94 € par habitant, pour un service qui en coûte 85. Cherchez l’erreur !

Ce décalage plaide une nouvelle fois en faveur de la redevance incitative, un dispositif défendu par l’UFC-Que Choisir depuis longtemps dans lequel on paie en fonction de ce qu’on jette et qui oblige les communes à établir un vrai budget déchets, en toute transparence.

Élisabeth Chesnais

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