Démarchage

Un gang de bitumeurs arrêté

Publié le : 01/03/2011 

Une équipe du Poitou proposait aux particuliers des reliquats de bitume à un tarif soi-disant attractif. Elle a été arrêtée dans les Deux-Sèvres.

 

Il aura fallu le témoignage d’une victime et des investigations des gendarmes pour démanteler un réseau de « bitumeurs » qui sévissait depuis des mois dans les départements des Deux-Sèvres et de Vendée. Des hommes d’origine polonaise et les ressortissants britanniques qui les encadraient ont été arrêtés. Quatre d’entre eux ont été placés en garde à vue.

Le scénario était bien ficelé. Les hommes sonnaient aux portes des habitations et se présentaient comme des ouvriers des travaux publics. Ils expliquaient qu’ils venaient de terminer un chantier dans une rue voisine, mais que du bitume restait dans leur camion, proposant alors au propriétaire de la maison de bitumer son allée, sa cour ou sa descente de garage pour un prix largement inférieur au tarif habituel (25 euros le mètre carré, contre environ 70 euros habituellement). Seule condition pour bénéficier de cette « bonne affaire » : se décider rapidement. Lorsque le client acceptait, le travail était réalisé immédiatement. Malheureusement, il n’était pas rare que le résultat présente des malfaçons. Surtout, le prix était souvent plus élevé que prévu. Après avoir refusé de payer les 4 450 euros en espèces qu’on lui réclamait avec de plus en plus d’insistance, une habitante de Saint-Pompain a préféré appeler les gendarmes qui ont interpellé une partie de l’équipe en flagrant délit.

Ce genre d’entourloupe n’est pas neuf. Les personnes démarchées doivent à tout prix refuser ces prestations. Non seulement la bonne affaire n’est jamais au rendez-vous, mais en plus le droit des consommateurs n’est pas respecté. Aucun devis ni contrat signé, pas de délai de réflexion ni de droit de rétractation : la réglementation protectrice en matière de démarchage à domicile est totalement bafouée. En cas de litige (ce qui ne manquera certainement pas d’arriver), le client n’aura que peu de recours pour faire respecter ses droits.