par Fabienne Maleysson
DentifricesPas de panique vis-à-vis du fluor !
Trop de références de notre test de dentifrices cette année ne sont pas suffisamment riches en fluor pour protéger efficacement du risque de caries. En dépit de récentes annonces, cet ingrédient reste indispensable et, jusqu’à preuve du contraire, sûr.
L’essentiel
- Notre test de 21 dentifrices révèle que plusieurs références manquent de fluor, ne contenant même pas la moitié de la dose nécessaire pour prévenir efficacement les caries.
- Le fluor est essentiel pour la santé dentaire, à condition de respecter des dosages limités chez les enfants pour éviter la fluorose.
- Bien que l'Anses étudie son potentiel de perturbateur endocrinien, l'agence précise que l'usage normal du dentifrice ne présente pas d'exposition dangereuse et ne remet pas en cause son utilité.
Difficile, décidément, de dénicher un dentifrice en tout point parfait. La conclusion de notre précédent test se vérifie avec les résultats du test de 21 dentifrices que nous venons de publier. Lutter contre les caries tout en respectant l’émail et en nettoyant correctement les taches semble un combo difficile à atteindre pour les fabricants.
Encore plus étonnant, 4 références sur 21 ne contiennent même pas la moitié de la dose de fluor disponible nécessaire pour prévenir les caries (soit 100 mg pour 100 g de produit). Impossible, dans ces conditions, d’assurer la fonction essentielle d’un dentifrice.
Le fluor reste en effet indispensable pour lutter contre le risque carieux. La littérature scientifique l’a bien démontré et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le recommande sans ambiguïté. S’il ne doit être utilisé qu’en quantités limitées chez les enfants (voir notre guide d’achat), faute de quoi ils peuvent développer une fluorose dentaire (coloration des dents), il n’existe pas d’alternative.
Apport nutritionnel conseillé en fluor
Pourtant, le fluor a fait l’objet, en fin d’année dernière, d’une communication perturbante. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a annoncé saisir les instances européennes pour leur proposer de le classer comme perturbateur endocrinien et toxique pour la reproduction. In fine, c’est l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) qui tranchera.
Pour comprendre cette décision, et ne pas s’en inquiéter outre mesure, il faut savoir que l’Anses raisonne en tenant compte du danger intrinsèque et non du risque. Donc dans l’absolu, sans tenir compte des quantités auxquelles nous sommes exposés. « Si l’on suit les recommandations d’usage, c’est rassurant. Les dentifrices ne semblent pas une source d’exposition suffisamment importante pour que cela engendre des risques pour la santé. Notre travail n’a pas été mené dans l’optique de remettre en question l’utilisation du fluor dans ces produits », nous rassure l’agence. Qui d’ailleurs ne met pas en regard le danger identifié avec le bénéfice apporté. En l’occurrence, elle n’a pas tenu compte de l’effet anticarie pour le mettre en balance avec les données concernant les potentialités toxiques.
Autre élément rassurant : il existe un apport nutritionnel conseillé en fluor, c’est-à-dire une quantité journalière à absorber idéalement dans le cadre d’une alimentation équilibrée. Ce composant n’est donc pas le nouvel ennemi à fuir et on peut continuer, dans l’état actuel des connaissances, à utiliser sereinement les références qui en contiennent.

Fabienne Maleysson